Sur un continent où le pouvoir est considéré comme un don de Dieu, les Chefs d’Etats africains aiment à être mis sur leur piédestal par leurs concitoyens. C’est ainsi que certains rivalisent d’ardeur pour faire des dithyrambes aux dirigeants de leurs pays respectifs. Dans la presse, comme dans tous les discours, les présidents sont souvent magnifiés. Mais le président béninois ne mange pas de ce pain.

Jonas MOULENDA

LE président béninois a décidé de sortir des sentiers battus. Plus d’un an après avoir remporté la présidentielle de mars 2016 face à Lionel Zinsou, il suscite respect et admiration sur la scène politique africaine. Rarement, un président n’avait été si simple sur le continent où le pouvoir est sacré. Son style de vie et sa gestion des affaires publiques séduisent plus d’une personne.

Après le président burkinabè, Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987, les Africains n’avaient plus vu un président n’acceptant pas les dithyrambes. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que son pouvoir incarne la rupture et le recul du culte de la personnalité. Même ses adversaires qui étaient dans un certain attentisme finissent par reconnaître que le Bénin pourrait faire un grand bon avant sous le règne de Patrice Talon.

Tout a commencé avec son élection inattendue à la présidence de la République. Rares étaient ceux qui vendaient cher la peau de cet homme d’affaires arrivé ex nihilo dans l’arène politique. Il n’a dû son sacre qu’à un projet de société en béton et une opération de charme bien menée sur le terrain. Aujourd’hui, Son programme politique « Le Bénin Révélé» suscite de plus en plus l’adhésion populaire. S’il est mis en œuvre, il engagera résolument le Bénin sur la voie du développement tant attendu depuis l’indépendance du pays en 1960.

CHANGEMENT DE PARADIGMES POLITIQUES. Les analystes politiques estiment que Patrice Talon sera le bâtisseur que le pays attendait depuis des décennies pour sortir de l’ornière. Il bénéfice d’un atout non négligeable : plusieurs partis politiques adhèrent déjà à sa vision politique. Un groupe de quinze députés des Forces cauris pour un Bénin émergent, l’alliance politique qui a dirigé le Bénin une décennie durant. Des apparatchiks du régime de son prédécesseur parmi lesquels Benoît Dègla, André Okounlola et Réné Bagoudou, le neveu de l’ancien président Boni Yayi, soutiennent Patrice Talon dans la mise en œuvre de son ambitieux programme.

D’autres formations politiques continuent à rallier la cause du nouveau président béninois. C’est le cas du Congrès du peuple pour le progrès (Cpp). A l’issue d’un conseil national tenu à Savalou (sud). Le 23 juillet dernier, le tour est revenu au président de l’Alliance pour une alternative républicaine (Aar), d’annoncer son ralliement à Patrice Talon pour appuyer les actions du gouvernement. De fait, on assiste à un véritable changement de paradigmes politiques au Bénin depuis l’arrivée au pouvoir du magnat de l’or blanc.

Depuis son arrivée au pouvoir, il a économisé 177 milliards, en réduisant le train de vie de l’état. Cela a été rendu possible grâce à des mesures simples suivantes :
1) – Il a augmenté le budget alloué aux bourses universitaire…
2) – un décret qui interdit le cumul de poste administratif opérationnel (tu ne peux pas être ministre et maire où directeur d’une société publique)
3) – Il a réduit de 40% la TVA sur les produits surgelés importés (viande, poissons etc..) et de 30% sur tous les produits de 1ère nécessité, faisant baissé les coûts d’achat…
4)- Il a baissé le train de vie des ministres et directeurs de cabinets…
5)- Il autorise l’électricité solaire, qui est une bonne solution pour les foyers à faible revenus.
6)- Il a réduit le nombre d’ambassade à travers le monde.
7)- Il interdit à ses ministres de parrainer les cérémonies ludiques (concert, festival etc….)

En seize mois, il a réussi à bousculer les habitudes qui suscitaient la concupiscence chez la piétaille béninoise : plus de train de vie dispendieux pour les membres du gouvernement. Mieux, il se montre transparent même dans sa vie privée, allant jusqu’à publier son bulletin de santé, au lendemain de sa récente hospitalisation en France.

A l’issue d’un Conseil des ministres, Pascal-Irénée Koupaki, ministre d’Etat et secrétaire général de la présidence, a lu un communiqué afin d’informer ses compatriotes des détails de l’état de santé du chef de l’Etat. « Le président de la République a subi une intervention chirurgicale au niveau de la prostate. Une lésion a été découverte à un stade précoce, c’est cette lésion qui a nécessité une chirurgie mini invasive permettant à ce stade une guérison sans recours ni à la chimiothérapie ni à la radiothérapie.

A l’issue de l’opération, une complication digestive est apparue et a requis une deuxième intervention qui s’est également bien déroulée. Le chef de l’Etat tient à assurer au peuple béninois qu’il est totalement rétabli, qu’il exerce pleinement ses prérogatives constitutionnelles et qu’il poursuit inlassablement la noble mission qui lui a été confiée », a déclaré le membre du gouvernement.

Les chefs d’Etat africains n’ont pas l’habitude de se prêter à un tel exercice de transparence médicale. La santé des présidents Lansana Conté, Omar Bongo, Mobutu Sese Seko, Etienne Gnassingbé Eyadema et Félix Houphouët Boigny furent des sujets tabous jusqu’à leur mort. D’autres chefs d’Etat continuent à faire de leur bulletin de santé un secret d’Etat. C’est le cas de Muhamadu Buhari et Abdelaziz Buteflika. L’omerta règne sur leur état de santé, nonobstant leur incapacité à gouverner leurs pays respectifs.