Le fils aîné d”Ali Bongo se prépare à succéder à son père, visiblement affaibli par la maladie.

Jonas MOULENDA 

À 27 ans, Nourredine Bonho est déjà dans la position de dauphin. Il fait du lobbing ces derniers temps à travers le monde. Du 23 au 25 juin courant, il a représenté le Gabon au sommet sur la vie sauvage à Victoria Falls, au Zimbabwé.

D’après les informations de Matin d’Afrique, le fils aîné du despote a conduit la délégation à ce rendez-vous continentale sur la faune. Il est intervenu au nom du Gabon à ces assises continentales.
De fait, la participation de ce gamin au Afica wildlife Economy summit vient donner un crédit particulier aux rumeurs récurrentes de la succession dynastique, toujours systématiquement démenties par les lèche-bottes du régime de son père.

Le fils du despote est intervenu au nom du Gabon.

Pourtant, tous les actes posés ces derniers temps par Sylvia Bongo, sa mère, et Brice Laccruche Alihanga, son ami personnel, et directeur de cabinet du tyran, crédibilisent la thèse d’une succession de père en fils à la tête du pays que les Bongo considèrent comme leur héritage familial. Non seulement, Nourredine est désormais de tous les voyages du dictateur à l’étranger où il le présente aux décideurs du monde, mais il dispose désormais d’un bureau feutré à la présidence de la République alors qu’il n’a aucune fonction officielle. Depuis 2016, il occupe la salle réservée aux agents de sécurité du président.

Même les aide-camp qui transportent souvent ses reliques à chacun de ses déplacements sont désormais relégués dans un coin moins confortable, où ils suffoquent. Ali Bongo préfère privilégier son rejeton pour faire plaisir à sa femme Sylvia, qui soutient la succession dynastique. Aujourd’hui, c’est ce petit restaurateur de Nourredine qui est même le vrai directeur de cabinet.

Ali Bongo a fait initier son fils au Ndjobi et soumis ses collaborateurs à un rituel de fidélité 

De plus en plus, il reste cloîtré avec son père au bureau pour apprendre les grands dossiers du pays. Comme s’il sentait sa mort venir, Ali Bongo procède progressivement à un transfert des pouvoirs vers son fils !

Il l’aurait même fait initier au Ndjobi, soumettant tous ses collaborateurs à un rituel de fidélité, comme il l’avait fait avec André Mba Obame, pour qu’ils ne lâchent pas Nourredine au moment de prendre le pouvoir et pendant l’exercice de celui-ci. Ali qui aime les fétiches veut transmettre cette appétence à un enfant qui ne connaît pourtant rien de la politique et de nos rites sacrés. Sa volonté d’y instaurer une dynastique ne semble devoir s’arrêter à aucun obstacle.

Nourredine Bongo et son ami personnel, Brice Laccruche Alihanga.

En plaçant son fils au bureau réservé aux seuls agents de sécurité, Ali Bongo a décidé de faire franchir un degré supplémentaire à son fils dans son ascension au sein des instances dirigeantes du Gabon. Le despote ne cache plus sa volonté de mettre en avant son fils comme prince héritier. C’est la raison pour laquelle il se débarrasse de tous ses collaborateurs ne lui présentant aucune garantie de loyalisme.

Tout ce que le clan Bongo fait ces derniers temps obéit à la logique de préparer Nourredine à une succession dynastique. Il est le DGA de la holding Olam, qui a remplacé Delta Synergie pour accaparer les richesses nationales du pays.
Dans plusieurs photos diffusées sur la toile, on voit Nourredine tenant des attributs du pouvoir traditionnels remis par des notables du Haut-Ogooué lors d’une tournée effectuée par son très médiatique directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga. Ce dernier n’est en réalité qu’un valet de Nourredine et d’Ali Bongo.

Ce qu’Ali Bongo n’a pas encore compris, c’est que le pouvoir n’est transmissible ni familialement ni sexuellement. A 93 ans, le vieux Robert Mugabe l’a appris à ses dépens. En voulant transmettre le pouvoir à son épouse Grace, il l’a finalement perdu. Ce qui se passe ailleurs peut donc arriver au Gabon, surtout que le despote frustre ses collaborateurs, y compris ceux qui détiennent sa vie entre leurs mains.

Rien n”est acquis pour Nourredine Bongo, qui fait du lobbing pour succéder à son père.