Jadis havre de paix et terreau d’une belle démocratie apaisée, ce petit pays d’Afrique centrale est devenu le territoire des scènes de concussions et de plans diaboliques où le mot stabilité charrie ses charmes et se fait désirer. Il est devenu un état policier.

Jonas MOULENDA 

C’EST un pays où la flicaille règne désormais en bon maître. Un Etat sans loi ni foi. Une honte pour la démocratie. Libreville est devenue une capitale policière, voire bunkérisée.

Chantages de tout bord, renseignements flirtés, offenses au chef de l’Etat, bavures policière. La capitale, à l’image du pays tout entier, a atteint le plus bas niveau de la déliquescence !

La démocratie gabonaise portée en bandoulière est rabaissée. Le Gabon est déjà à deux genoux, presque s’affaissant et rampant tel un reptile. Ali Bongo est seul dans sa barque qui vogue à vau l’eau et ne sait plus depuis belle lune quelle direction prendre.

Les décisions de l’Etat sont tirées à hue et à dia. Ali Bongo est dans une sorte de merde et lorsque l’on est dans la merde, il ne reste qu’à chantonner. Ce cantique s’articule autour d’un repli sur soi comme le serpent qui a mordu sa propre queue.

Heureux sont les flics qui entourent Sisyphe Ali qui gravit la montagne tel un héros. Tâche lourde à laquelle s’attèle le président dans ses expéditions punitives solitaires. Point d’applaudissement et d’encouragement de son gouvernement.

Le dictateur gabonais est devenu paranoïaque et hypocondriaque.

Celui-ci est devenu aphone, fors le perroquet aux ailes mazoutées qui continue de chantonner. A vouloir défendre Ali Bongo dans ces instants de braise serait peine perdue. De fait, il n’est même plus défendable. Il se rabaisse.

La politique est un ogre qui a tendance à manger ses propres fils. Ali Bongo a peur et se barricade à l’image assiégée par des barrières policières. L’opposition lui fait-il si peur ? Veut-il cacher son incompétence derrière les menaces terroristes dont il argue ces derniers temps?

Il donne une vague impression d’un président traqué de partout telle une bête à l’affût des snipers que sont que sont l’opposition, les activistes. Il est déjà dit qu’ils ne le rateront pas. Terrible politique quand tu nous mènes par le bout du nez ! Cette politique des fosses septiques et des caniveaux doit être aseptisée.

Harcelée et le gouvernail en laisse, le navire Gabon tangue et les occupants ne savent plus à quel saint se vouer. Saperlipopette, la crise financière est venue s’ajouter au malheur commun de la population !

Un sauve-qui-peut général. Espérons que cet Etat policier finira par triompher cette terrible maladie puisque tout se résume de nos jours au Sénégal au débat des muscles, des menaces et des délations. A un Etat policier, les Gabonais doivent répondre par un Etat fort et démocratique parce cela nous permet d’avoir des institutions solides et des Hommes qui ne sont pas éternellement.