Depuis sa nomination au poste de directeur de cabinet d’Ali Bongo, il y a trois mois, ce quarteron de 37 ans est victime d’une ségrégation et d’une guerre orchestrées par des mafieux du pouvoir. Pour y survivre, le jeune homme doit se forger un tempérament et une musculature à toute épreuve.

Carelle EBINA

BRICE LACCRUCHE ALIHANGA apprend désormais à se jouer des chausse-trappes de la politique. L’un des exercices auquel il se livre depuis sa prise de fonction consiste à éviter les épines qui truffent le tapis que lui ont déroulé ses compagnons politiques.

Visiblement, les faucons du régime n’ont pas apprécié que distributeur de strapontins, le dictateur Ali Bongo, jette son dévolu sur ce quarteron qu’ils considèrent comme un métèque. La ségrégation et le déni de peau sont les attaques phares des détracteurs du directeur de cabinet du président par défaut du Gabon.

Toute chose qui choque sa mère, dame Elisabeth Laccruche Alihanga, d’origine française, arrivée au Gabon à l’âge de 1 an, et son père, Louis-André Laccruche Alihanga, un métis natif d’Eyouga, bourgade située près d’Okondja, le chef-lieu du département de la Sébé-Brikolo, dans la province du Haut-Ogooué (sud-est du Gabon.)

En fait, c’est lorsque dame Elisabeth Dupont était en instance de divorce d’avec M. Fargeon Norbert qu’elle avait rencontré Louis André Laccruche Alihanga, alors DG de la SNBG. De leur relation est né le quarteron Brice Laccruche Alihanga. Mais pour tenter de blackbouler ce dernier, ses détracteurs avancent qu’il est le fils du premier mari de sa mère.

Or, tout le monde sait que les Blancs, précisément les Français attachent du prix à la reconnaissance de leurs enfants biologiques. Si Brice Laccruche Alihanga était réellement le fils de Norbert Fargeon, ce dernier n’aurait pas accepté que son rival lui ravisse l’enfant après lui avoir arraché la femme. L’affaire se serait terminée devant un tribunal civil en France.

CHASSE-GARDÉE. Louis-André Laccruche étant métis et Elisabeth Dupont blanche de pure souche, il apparaît raisonnable qu’ils aient fait un quarteron. Ce couple franco-gabonais ne comprend donc pas le traitement discriminatoire réservé au fruit de leur printemps idyllique.

Son père biologique, Louis-André Laccruche, aujourd’hui à la retraite.

Celui-ci a grandi à Okala-Carrière, dans le nord de Libreville. Beaucoup de ses congénères affirment d’ailleurs qu’il n’était pas un enfant de cœur à cause de ses accointances avec des délinquants de Libreville à l’époque. Bon gré malgré, il a continué ses études à L’UOB puis à L’ITA pour après valider un BTS à l’institut de gestion.

Après une carrière dans le pétrole à Pizzo Shell, puis au sein du cabinet PWC il rejoint l’équipe d’André-Claude Oyima à la BGFI dont on connait tous la suite … Enquête, garde à vue et limogeage. Chassez le naturel il revient au galop ? S’est-il assagi ? L’avenir nous le dira, le temps ne ment jamais et seuls les imbéciles ne changent pas. Malheureusement, trait de caractère de nombreux barons proche du palais du Bord de mer.

Dans un pays ou les valeurs de loyauté et de constance sombre comme au bateaux ivre, et où, telle des girouettes, les leaders d’opinion changent de religion au gré des vents aromatisés, il a le mérite d’être un fidèle du roi et cela même quand son pouvoir lui échappait et que les rats fuyaient le navire.

De plus, estime-t-on dans certains milieux du pouvoir, il semble être le porteur adéquat d’Ali Bongo pour fédérer la jeunesse, qui est aujourd’hui le terreau de la contestation. Il comprend et parle leur langage, atout indéniable. Ce rejeton se prévaudrait d’être une pièce maîtresse dans l’alternance intergénérationnelle. Discours qui semble convaincre certains cercles du pouvoir qui lui prêterait même des possibilités de succès.

Pour les autres proches de la République, il gène et dérange ! Ses ennemis au sein du régime sont nombreux et ils ne vendent pas cher sa peau. Les attaques pleuvent sur l’hyper actif de l’apprenti monarque, dont on ne distingue plus vraiment les prérogatives tant il se prévaut de toutes les actions.
Sa famille est désormais inquiète du devenir de son fils évoluant dans ce marigot et des règlements de compte digne de far west alliant action physique et fusils nocturnes sont déjà planifiés. Les parents du quarteron ont donc raison de se mettre martel, car le jeune homme nage dans une mare de caïmans, ce qui n’est pas sans risque.

Ses principaux ennemis sont d’abord des cadres du lobby Téké qui pensent que le poste de directeur de cabinet est leur chasse-gardée. Après avoir combattu Maixant Accrombessi, ils s’attaquent au jeune Brice-Laccruche Alihanga dont le père est Obamba de mère, une ethnie marginalisée dans le Haut-Ogooué. Dans leurs manœuvres déloyales aux desseins inavoués, les détracteurs du directeur de cabinet d’Ali Bongo ont décidé d’utiliser certains activistes malléables pour galvauder l’image de leur cible.