Jean-Claude Mbayi, la trentaine, a été retrouvé mort le week-end à Franceville, le chef-lieu de la province du Haut-Ogooué (sud-est), alors qu’il venait de témoigner à charge contre le député Philibert Ngayipé dont il était l’agent de liaison.

Jonas MOULENDA

L’AFFAIRE du crime rituel commis le 8 juillet dernier sur Rigobert Kaloulou, 67 ans, à Léconi, le chef-lieu du département des Plateaux, dans la province du Haut-Ogooué, a pris une tournure inquiétante ces dernières heures.

Samedi, un témoin-clé du crime, a été assassiné de plusieurs coups de couteau à Franceville, alors qu’il venait de dénoncer son patron, Philibert Ngayipé, comme commanditaire de l’assassinat avec prélèvement d’organes.

Dans sa déposition à la direction générale de recherche (DGR) du chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, Jean-Claude Mbayi aurait déclaré que c’est son employeur Philibert Ngayipé,  député de Leconi, qui avait commandité l’assassinat de Rigobert Kaloulou, instituteur retraité et ancien surveillant du CES de la localité.

Rigobert Kaloulou. Il a été dépecé tel un gibier.

Après sa déposition, le jeune Mbayi aurait été aperçu intra-muros en compagnie du député. Mais tard dans la nuit, il aurait été refroidi à coups de couteau. Son corps amoché a été retrouvé quelques heures plus tard gisant dans une mare de sang.

Comment un témoin-clé n’a-t-il pas été protégé par les autorités judiciaires ? Pourquoi celles-ci l’ont-elles laissé au contact de son employeur ? Ce sont des questions qui taraudent les esprits à Franceville et au-delà. D’aucuns y voient une complicité des autorités judiciaires pour empêcher la manifestation de la vérité.

Le député Philibert Ngayipé, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du sexagénaire.

Or, ce crime cristallise les tensions à Leconi depuis deux semaines. Les riverains réclament à hue et à dia la levée de l’immunité parlementaire de leur député et sa mise à disposition de la justice aux fins de répondre aux accusations d’instigation à l’assassinat portées contre lui.

Sentant l’étau se resserrer sur lui, Ngayipé aurait pris la fuite dimanche soir vers le Congo-Brazzaville. Ses véhicules ont été aperçus faisant le plein de carburant avant de sortir du territoire gabonais, entre chien et loup. C’est dans une bourgade congolaise que l’ancien maire de Leconi se replierait toujours après chaque accusation de crime porté contre lui.