Le contingent est arrivé ce dimanche dans la capitale économique. 

Jonas MOULENDA 

Les prochaines heures pourraient être déterminantes pour l’avenir du Gabon. Tout porte à croire que le pays s’apprête à vivre un événement politique majeur de son histoire.

C’est ainsi que la junte au pouvoir a commencé à déployer un impressionnant dispositif sécuritaire dans les grandes villes du pays. Ce dimanche, un contingent de près de 500 hommes est arrivé à Port-Gentil, la capitale économique.

Selon des témoins oculaires, les militaires seraient arrivés à bord d’un navire de la compagnie de navigation intérieure (CNI). Les soldats ont été immédiatement transportés vers une base militaire située extra-muros.

Les militaires ralliant une base militaire située extra-muros.

Qui sont ces hommes ? Que vont-il faire à Port-Gentil ? Les questions demeurent encore sans réponses.  Selon certaines indiscrétions, leur présence pourrait être liée aux dispositions prises par le gouvernement devant les risques de soulèvement populaires, suite à l’éventuelle confiscation du pouvoir par des proches d’Ali Bongo, que d’aucuns présentent comme mourant ou déjà mort.

En 2009, l’armée instrumentalisée par le pouvoir a massacré 82 civils à Port-Gentil 

En fait, Port-Gentil est le principal bastion de l’opposition et fief de Jean Ping, vrai vainqueur de l’élection présidentielle du 27 août 2016. La ville est souvent le théâtre des manifestations populaires de grande envergure à la suire des putschs récurrents perpétrés par le régime en place.

En septembre 2009, à la suite du premier hold-up militaro électoral perpétré par le despote Ali Bongo après le décès de son père adoptif Omar Bongo, l’armée a massacré 82 personnes. Le même scénario s’est produit au soir de l’élection présidentielle du 27 août 2016, remportée par l’opposant Jean Ping mais tripatouillée par le pouvoir.

Le déploiement d’un nouveau contingent relance la psychose à Port-Gentil. Les riverains craignent de nouvelles tueries, en cas de révolte populaire. Cette fois-ci, les jeunes de la capitale économique disent ne plus se laisser intimider par les militaires déployés par le gouvernement.

La psychose du massacre est relancée.