Le vrai tagueur de Port-Gentil est toujours en liberté. Il a fait un bras d’honneur à la police en faisant de nouveaux tags contre le pouvoir.

Jonas MOULENDA

L’ACTIVISTE Peter Brady Akewa, de son vrai nom Davy Fisher Padjo Ngoma, arrêté vendredi dernier à Port-Gentil, fait finalement les frais d’un quiproquo.

Manifestement, il n’est pas l’auteur des tags contre le pouvoir retrouvés, la semaine dernière, sur les murs de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), à Port-Gentil, la capitale économique.

Le vrai auteur de ces tags court toujours. La nuit dernière, il a fait un bras d’honneur à la police qui a arrêté par mégarde l’activiste  Peter Brady Akewa. S

Le tagueur a saturé la façade d’une barrière, y laissant un message digne d’un persiflage. « Enquêteurs de merde ! Me voici, je suis toujours libre. Non à Sylvia Bongo. Le PDG tue notre pays (…) », pouvait-on lire au lever du jour.

Les arrestations arbitraires sont monnaie courante au Gabon

« 3 M, pourquoi ? Peuple, le pays pleure. Nos armes c’est nous-mêmes. Sauvons notre pays. Le 31/12/2018. Pit Chamad. », a renchéri le tagueur, visiblement déterminé à niquer les enquêteurs lancés  aux trousses du tagueur.

Le tagueur a fait un bras d’honneur aux enquêteurs.

Sur quelle base la police a-t-elle arrêté Peter Brady Akewa ? S’agit-il d’un règlement de compte ? Dans les rangs de l’opposition, on ne s’embrasse pas d’interrogations. D’aucuns pensent que l’activiste fait les frais de sa proximité avec Jean Ping dont il est un fervent défenseur à Port-Gentil.

Les arrestations arbitraires sont monnaie courante au Gabon. Le régime d’Ali Bongo à fermé la fenêtre démocratique depuis l’arrivée au pouvoir du despote en 2009. Opposants et activistes sont systématiquement arrêtés et envoyés au mitard.