Dès son arrivée au pouvoir en 2009, Ali Bongo a envoyé à la retraite les fossiles du régime pour les remplacer par des jeunes qu’il croyait pleins d’énergie et d’idées novatrices.Ces derniers trustent tous les postes clés de l’Etat. Formatés par ce système, ils se livrent à une véritable course à l’enrichissement illicite. Leur cleptomanie a considérablement ruiné le pays et anéanti tout espoir des lendemains meilleurs pour le bas-peuple.

Jonas MOULENDA

Le Gabon a sombré dans la sclérose. Il n’est pas prêt d’en ressortir, tant son dirigeant par défaut, Ali Bongo, est un homme sans idées novatrices. Les innovations dites de l’émergence qu’il a apportées à son arrivée au pouvoir en 2009 ont vite tari comme celles de la rénovation lancée par son prédécesseur de père, Omar Bongo.

Le pays, sous son règne, est tombé de Charybde en Scylla, à un point tel que lorsqu’il entreprend de dénoncer la léthargie, il se garde bien de se désigner comme la personne qui secrète celle-ci, par la cleptomanie beaucoup trop rapide de sa pensée.

De fait, son vivier politique n’est composé que d’arrivistes, parfois d’anciens bandits de grand chemin. Ils sont pour la plupart des félons ayant séjourné en prison. Ils ont, à des degrés divers, commis des actes répréhensibles. Ils servent la République et le régime en perpétrant des coups-bas. Ils ont, pour la plupart, adhéré à des cercles ésotériques de manière tout à fait opportuniste: Panthère Noire. D’autres n’ont pas hésité, un seul instant, à devenir homosexuels, pour émerger.

Nourredin Bongo, âgé de 28 ans, Mohamed Saliou, le directeur de cabinet adjoint du despote et fils de l’iman Ismaël Oceni, Ian Ghislain Ngoulou sont devenus les chefs de la mafia cleptomane qui pille le pays aujourd’hui. Ces jeunes à qui Ali Bongo a fait confiance, ne sont rien moins que la canaille du pays. Rien de surprenant à cela que le peuple s’en plaigne aujourd’hui.

Le peuple paie un lourd tribut de la gabégie entretenue par le clan Bongo.

Le fils d’Ali Bongo et ses acolytes sont des individus peu scrupuleux qui, dès le départ, n’avaient qu’une seule idée en tête : se transformer en braqueurs des deniers publics. Il suffit de les voir à l’œuvre pour comprendre leurs réelles motivations. Ils font aujourd’hui des émules.

Un jeune magistrat, un jeune administrateur civil, un jeune inspecteur du trésor, un jeune inspecteur des douanes, etc., de moins de dix ans de service, parfois moins, se retrouve détenteur d’une fortune colossale, sans commune mesure avec sa rémunération de fonctionnaire sans qu’il soit inquiété. En conséquence, lorsque les pontes du régime prétendent qu’Ali Bongo serait déçu par les apparatchiks, on est tenté de leur répondre que c’est pourtant le prototype de jeunes qu’il a choisi.

PARVENUS. Mais, dans le même temps, on est amené à s’interroger de manière cruciale : n’a-t-il pas fait exprès pour ne pas se retrouver avec des personnes  érudites, dynamiques, ambitieuses, vertueuses et patriotes, qui pourraient lui discuter, à terme le pouvoir ?

Pourquoi ne recrute-t-il que la canaille ? Une fois en place, ni l’incurie, la paresse voire l’incapacité, ne permettent de se débarrasser de ces indéboulonnables recrutés sur la base du népotisme, pouvant travailler à leur guise et libres de se lancer dans des aventures politiques avec une position de repli assuré.

Depuis qu’Ali Bongo a eu l’avc, c’est sa canaille de fils qui dirige le pays.

Les amis de Nourredin Bongo infestent la présidence de la République et toutes les autres administrations du pays. Ils sont trop puissants, trop gâtés, même s’ils ne servent à rien. Certains d’entre eux sont payés à plier des trombones, à ajuster les cravates ou à gratter le dos de leur patron.

Ils se pavanent dans les rues de Libreville, à bord des véhicules rutilants offerts par leurs parrains de loge mais achetés rubis sur ongle par l’Etat. Ils ont des comptes bancaires garnis. Ce sont les nantis de la République ! Au quotidien, ils daubent leurs congénères qui n’ont pas les mêmes privilèges qu’eux.

Serviteurs du raïs, ils tiennent le cordon de la bourse. Ceux qui ne s’engagent pas pour défendre les idées bancales et saugrenues du dictateur subissent leurs fougues. Les anti-émergents se retrouvent souvent frappés d’ostracisme et piétinés.

Ce sont les anéantis de la République. Révoltés, ils critiquent le pouvoir. Leur son statut social est si précaire qui lui est devenu difficile de peser. Mais le système en place est si frileux qu’il annihile tout esprit critique. Lorsque ces guignols réussissent  à anéantir leurs contradicteurs, ils ne se privent pas d’afficher des airs triomphalistes. « Le pays est géré ! », clament-ils souvent.

Dès lors, les victimes pataugent dans la pauvreté. Celle-ci n’est plus un mythe. Pour s’en persuader, il suffit de noter l’incapacité d’une grande majorité des Gabonais à satisfaire les besoins alimentaires, l’incapacité à accéder aux besoins de santé,  à accéder à la scolarisation, à se loger décemment, etc.

Toutes ces facettes de la pauvreté sont observables aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. La pauvreté dans la société gabonaise est également perceptible par des phénomènes sociaux grandissants qui traduisent une crise sociale profonde. Le cas le plus probant est sans doute la prostitution des mineurs.