Deux réunions de crise se sont tenues samedi soir respectivement à Libreville et dans la capitale française pour réfléchir aux voies et moyens d’étouffer le mouvement contestataire qui a promis de boycotter le séjour parisien d’Ali Bongo.

Jonas MOULENDA 

La mobilisation monstre de la diaspora gabonaise en France sème la panique dans les rangs du pouvoir. Le despote gabonais Ali Bongo redoute que les Gabonais de France l’humilient à outrance lors de son voyage à Paris, à l’occasion du sommet mondial  sur le climat.

Pour tenter de prendre le taureau par les cornes, le despote gabonais a réuni ses proches collaborateurs après la diffusion des images de la marche aux allures d’une réception générale avant son arrivée. Le squatter du palais présidentiel a sommé les siens de tout mettre en oeuvre pour réduire la capacité de nuisance de la diaspora.

De fait, l’annonce de l’arrivée d’Ali Bongo dans la capitale française a mobilisé les troupes de l’opposition gabonaise. Plus d’un millier de Gabonais venus de différents coins de France, d’Allemagne, de Belgique, d’Italie et même d’Angleterre ont pris part à la marche organisée samedi après-midi à Paris.

MENACES. La manifestation qui a eu pour point de départ Place de Costa Rica s’est achevée à l’ambassade du Gabon en France.  Tout au long du trajet, les manifestants scandaient des slogans hostiles à Ali Bongo, fustigeant la France de soutenir le dictateur gabonais. ” Pas de dictateurs à l’Elysée, “pouvait-on lire à travers des banderoles.

Ine fine, les manifestants ont promis de pourrir la vie au despote durant son séjour parisien. Ils ont décidé de le traquer partout, de l’aéroport à son hôtel, en passant par la salle de conférence où se tiendra le sommet international sur le climat. ” Il est venu nous provoquer. Il nous trouvera sur son chemin. Ce qui doit arriver arrivera,” a juré, la main sur le coeur, un membre de la résistance.

Le dictateur gabonais n’est pas le bienvenu en France

Des menaces que le pouvoir prend très au sérieux. L’ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoué, a appelé le secrétaire général de la présidence gabonaise, Guy Rossantanga Rignault, déclinant toute responsabilité sur d’éventuels incidents, les précurseurs D’Ali Bongo l’ayant écarté des préparatifs du séjour du tyran. Il a reconnu que la tension monte à Paris à quelques heures du très controversé dictateur.

FRISNDISES. Devant les menaces que font peser la diaspora sur le séjour du despote gabonais, ce dernier a décidé de modifier son programme. Au lieu de mardi comme initialement prevu, c’est lundi matin qu’il arrivera à Paris. Il y passera deux jours au cours desquels il tentera de prendre langue avec certains opposants qui lui donnent des insomnies.

Mais certains rejettent toute idée de le rencontrer. Ils ont signifié leur refus catégorique aux collaborateurs D’Ali Bongo chargés des tractations. Les plus véreux auraient sauté sur l’occasion, acceptant les friandises proposées par les émissaires du tyran. A ce sujet d’ailleurs, les participants à la marche ont constaté avec étonnement l’absence de certaines têtes de fil de la contestation.