De par sa brutalité et sa cruauté, le pouvoir de Libreville mime à la perfection les grandes dictatures qui ont traumatisé l’humanité. On le constate à travers le contrôle de tous les leviers de la gouvernance. La répression à toute voix discordante est devenue systématique.

Jonas MOULENDA 

LE Gabon, jadis pays de la liberté, a basculé dans une dictature féroce depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo, en 2009. Face à un tel régime qui ne changera jamais de lui-même, les Gabonais n’ont pas d’autre choix que de résister. C’est un combat légitime parce que reconnu par la Constitution et la Déclaration universelle de Droits de l’Homme et du Citoyens.

Etant donné que la victoire d’Ali Bongo est assimilable à un coup d’état, le soulèvement populaire préconisé par les activistes est parfaitement justifié. Certes, la lutte pacifique engagée par l’opposition s’annonce longue, mais elle est la seule alternative restante aux Gabonais qui veulent encore lever la tête face cette dictature moribonde.

Manifestement, la chute du régime tyrannique en place est devenue la préoccupation majeure des Gabonais. Traumatisés par la cruauté du pouvoir et la crise économique qui leur est imposée par le cénacle cleptomane, ils ne veulent plus s’enfermer dans un carcan aux perspectives incertaines.

Les Gabonais ont hâte de se débarrasser du régime Bongo.

Dans l’absolu, les Gabonais qui réfléchissent par la tête et non par le ventre veulent qu’Ali Bongo tombe le plus vite possible afin d’abréger leur souffrance. C’est pourquoi ils se montrent réfractaires à tout dialogue visant à légitimer l’imposture d’Ali Bongo.

OBLIGATION DE RESULTAT. Le décryptage du paysage politique national laisse penser que la lutte contre la dictature d’Ali Bongo va entrer dans une nouvelle phase et prendra une autre forme avec la jeunesse, manifestement résolue à se défaire du joug dictatorial.

Le régime fera certainement recours à sa méthode favorite qui caractérise son pouvoir, à savoir la terreur par la répression massive dans le sang. Cette méthode sera associée aux instruments juridiques à sa dévotion. L’objectif visé sera de briser et d’étouffer dans l’œuf la contestation.

Si la résistance capitule, le régime gagnera mais pour peu qu’elle s’organise mieux, le régime s’effondra parce qu’il est illégal et impopulaire. Les Gabonais ont l’obligation de résultat, non seulement pour libérer le pays du joug de cette bande d’oligarques et de criminels mais aussi pour porter haut les idéaux nobles pour lesquels Joseph Redjambé, Martine Oulabou, Mboulou Beka, Pierre Mamboundou, André Mba Obame et tutti quanti ont sacrifié leur vie.

Cette lutte devra se nourrir, pour l’instant, des ressources internes que sont la mobilisation et la détermination des citoyens, partis politique, société civile et individualité confondus. En revanche, il ne faut rien attendre ni de la France, ni des Etats Unis, deux pays qui ont soutenu corps et âme le régime d’Ali Bongo.

Ceux qui souffrent réellement de ce régime barbare sont les Gabonais qui le vivent au quotidien. C’est donc à eux de lutter en priorité pour se libérer et imposer l’alternance. Il n’y a plus d’autres issues possibles puisque tout a été déjà essayé: dialogue et élections. Sans succès.

Les Gabonais doivent se mobiliser pour faire échec au projet de monarchisation de leur pays.

De nombreux observateurs de la scène politique restent optimistes quant à l’issue du combat politique en cours. Ils fondent leur sentiment sur le fait que le peuple gabonais reste bouillant et à la disposition de l’opposition malgré tout, parce que débordé par la pauvreté enracinée, doublée d’une insécurité voulue et entretenue par le pouvoir dictatorial d’Ali Bongo.

Certains stratèges pensent que l’opposition gabonaise doit prendre les devants en s’appropriant les revendications socio-professionnelles des syndicats jusqu’à organiser un grand meeting de soutien aux syndicats parce que les travailleurs représentent le socle du peuple. C’est seulement quand ces syndicats auront constaté cet intérêt accordé à eux accordé qu’ils s’associeront à l’opposition pour faire tomber ce régime chancelant.