L’ex-ministre des Eaux et Forêts, viré du gouvernement mardi à la suite du scandale du Kevazingo, a été dédouané mercredi par l’ancien vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga-Moussavou, lui aussi, éjecté de son poste pour la même affaire.

Jonas MOULENDA 

GUY-BERTRAND MAPANGOU aura fait les frais du scandale du Kevazingo pour des prines. Contrairement à ce que ses détracteurs ont instillé dans les esprits à travers de grossiers montages, il n’a donné aucun quitus aux services administratifs pour commercialiser les conteneurs du Kevazingo sous scellé au port d’Owendo, au sud de Libreville.

Lors d’une conférence de presse animée mercredi après-midi à Libreville, l’ancien l’ancien vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou a d’ailleurs tenu à démêler les fils de l’écheveau. « Guy-Bertrand Mapangou n’était pas ministre des Eaux et Forêts. C’est à son prédécesseur Jacques Denis Tsanga que j’avais adressé une lettre d’intervention », a-t-il dit en substance, motivant sa requête par les desiderata d’un opérateur économique chinois qui avait sollicité son intervention à la faveur d’une audience.

Pierre-Claver Maganga Moussavou s’est déchargé et a dédouané Guy-Bertrand Mapangou.

Une manière pour le président du Parti social démocrate (PSD), de se décharger et de dédouaner également l’ex-ministre des Eaux et Forêts, du reste, ministre de la Communication au moment des faits. Ce dernier est plutôt victime de la vendetta de la mafia du pouvoir, visiblement gênée aux entournures. C’est donc sur la base de fausses allégations que Guy-Bertrand Mapangou a été limogé du gouvernement.

L’affaire du Kevazingo est un complot ourdi par la mafia du pouvoir 

Dans certains salons feutrés de Libreville, il se susurre que c’est un complot ourdi par Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet d’Ali Bongo, et son factotum de Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale. D’après certaines sources, ils ont viré le ministre des Eaux et Forêts pour avoir fermé le circuit occulte de détournement des fonds publics instauré au sein de son département ministériel par leur mafia très tentaculaire.

Ce courrier était plutôt adressé à Jacques Denis Tsanga et non à Mapangou, comme l’ont prétendu ses détracteurs. 

Pierre-Claver Maganga Moussavou, lui, aurait plutôt payé le salaire de ses appétits pour le siège de président de la République pendant l’absence d’Ali Bongo à la suite de son accident vasculaire cérébral. Après sa visite éclaire au tyran pendant sa convalescence au Maroc, a rapporté un membre du sérail présidentiel, Maganga Moussavou aurait suggéré à la présidente de la Cour constitutionnelle qui l’accompagnait de déclarer la vacance du pouvoir et d’ouvrir une période de transition sous sa houlette.

Informé des appétits politiques gargantuesques de son vice-président après son retour au bercail, Ali Bongo aurait piqué une colère noire, décidant de se séparer de son collaborateur très gourmand politiquement. Au demeurant, le scandale du Kevazingo n’aura été qu’un prétexte. La responsabilité de Pierre-Claver Magangou Moussavou n’aurait pas été établie dans la disparition du bois, du reste, sous scellés.

Lors de sa conférence de presse, l’ancien vice-président de la République a dit avoir pris acte de la rupture du contrat politique qui le liait à Ali Bongo depuis le dialogue politique de 2017. Il a paru regretter le mépris affiché à son égard par le despote. « Il n’a même pas daigner m’appeler pour me prévenir (…) Depuis un an, je n’ai pas vu Ali Bongo en tête-à-tête », a-t-il fustigé, sortant de la réserve que lui imposait sa fonction.