L’actuel ministre du Budget et son mentor, éjecté du poste Haut-représentant personnel du président de la République, conjuguent leurs efforts pour obtenir la fermeture de ces deux sociétés d’État.

Jonas MOULENDA

MAIXANT ACCROMBESSI a été éjecté de sphère décisionnelle de l’État mais il y a laissé son homme de main : Jean-Fidèle Otandault, ministre du Budget, du reste, son beau-frère.

C’est ce dernier qui est chargé de mettre à exécution tous les coups tordus de leur gang financier qui mis le grappin sur les finances publiques pendant le premier mandat d’Ali Bongo, entre 2009 et 2016.

Non contents d’avoir perdu le contrôle des leviers financiers du Gabon, Maixant Accrombessi et son alter ego ont juré, devant tous les dieux du vaudou, de pourrir la vie à leurs successeurs, qui tiennent désormais les cordons de la bourse, non sans les faire pâlir de jalousie.

Dans leur mission funambulesque, a rapporté une source proche du Trésor public, les deux rastaquouères conjuguent leurs efforts en vue de la fermeture de certaines compagnies d’État, perçues comme les mamelles laitières du pouvoir. Il s’agit principalement de Gabon Oil Company (GOC) et de la Société gabonaise de raffinage (Sogara).

Le clan Accrombessi convoite toujours Gabon Oil Company. 

D’après nous sources, Jean-Fidèle Otandault  profite de sa position de ministre du Budget pour tenter d’influencer les experts du Fonds monétaire international (FMI) au sujet de la rentabilité des deux firmes pétrolières. C’est ainsi que le FMI, orienté par un rapport insidieux fait par Otandault, a proposé dernièrement la fermeture des deux sociétés.

De fait, la démarche de Maixant et du directeur technique de son gang financier, resté au gouvernement, procède d’une volonté d’asphyxier leurs successeurs, et partant, tout le pouvoir.
A en croire nos sources, Accrombessi n’a jamais digéré que ses hommes de main parmi lesquels Arnaud Engandji aient été débarqués de la GOC, principale source de financement de sa mafia cleptomane.

Accrombessi et son beau-frère Otandault ont voulu reconstituer leur gang financier 

Après avoir vainement tenté de reprendre le contrôle de cette société, il aurait demandé à Jean-Fidèle Otandault de peser de tout son poids auprès du FMI pour obtenir la fermeture de la GOC, les deux sociétés dirigées par des proches de l’Association des jeunes volontaires émergents (Ajev), un autre clan du pouvoir.

Cette mesure, motivée par les arguties d’Otandault, a provoqué une véritable onde de choc au sein du gouvernement et dans d’autres sphères décisionnelles de l’État gabonais. Le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, a rejeté toute fermeture des deux compagnies, estimant qu’il s’agit d’une question de souveraineté nationale.

La Sogara est dans l’oeil du cyclone.

Après la découverte du complot ourdi par le gang d’Accrombessi, des voix s’élèvent dans certains milieux, demandant que Jean-Fidèle Otandault soit viré du gouvernement. En effet, il est l’œil et l’oreille de Maixant Accrombessi dans la sphère décisionnelle de l’État. « Il a été élu député. Qu’il aille siéger à l’Assemblée nationale ! C’est un traître ! », a estimé un comptable public.

Jean-Fidèle Otandault était le cerveau du système de prédation mis en place par Accrombessi. Pour faciliter la gestion des flux d’argent public et faire en sorte qu’une partie échappe au Trésor Public gabonais, Otandault et lui ont conçu un dispositif à leur main. Ils ont créé une direction du Budget regroupant quatre anciennes directions générales, dont la Direction générale du Budget, la Direction générale des Marchés publics, la Direction de l’Exécution budgétaire et la Direction générale du contrôle financier.

Un mécano institutionnel qui a permis aux deux mafiosos de contrôler la totalité de la chaîne budgétaire depuis l’inscription et l’élaboration du budget jusqu’à son exécution, en passant par le contrôle financier et l’attribution des marchés publics. Accrombessi s’était donné les prérogatives de grand argentier. Il a installé le coffre-fort du Trésor public à la présidence de la République pour en être le gérant. Pis, il a renforcé les prérogatives du directeur général du Budget, le poste étant occupé à l’époque par Jean-Fidèle Otandault.

En sus des ventouses créées de toutes pièces pour aspirer les fonds publics, Accrombessi s’est taillé un salaire mensuel de 75 millions de F CFA. Otandault n’étant pas fonctionnaire, il a l’a fait recruter en 2011 comme expert-comptable pour un salaire mensuel de 15 millions de F CFA. C’est Accrombessi qui a pesé de tout son poids auprès du président pour que l’Etat le recrute et signe une convention de 5,3 milliards de F CFA avec le cabinet d’Otandault pour un audit.