Le député du 2è siège du département de Mougoutsi (Tchibanga), est revenu au gouvernement. Son collègue qui lui faisait vainement des avances et qui avait œuvré pour sa sortie de la sphère décisionnelle de l’Etat a été viré à son tour. Il l’a remplacé à l’Assemblée nationale.

Jonas MOULENDA

Si la débâcle d’Ali Bongo à Tchibanga, le chef-lieu du département de la Nyanga (sud), lors de la présidentielle d’août 2016 avait été avancée comme raison du limogeage d’Alexis Boutamba Mbina, il n’en demeure pas moins que les dessous de cette affaire sont à rechercher dans son rejet des avances qui lui avaient été faites par un de ses collègues, qui ne cessait de lui faire les yeux de Chimène.

L’ancien Garde des Sceaux avait catégoriquement refusé de baisser la culotte devant l’autre membre du gouvernement, du reste, plus jeune que lui. D’après un membre de l’entourage d’Alexis Boutamba Mbina, son collègue, visiblement atteint de démangeaisons sexuelles chroniques, lui avait proposé une somme de 70 millions de F CFA et un véhicule de marque Toyota de type VX pour satisfaire sa libido.

Le député de Tchibanga, rapporte la source, avait été choqué par cette proposition, qu’il avait jugée indécente et humiliante. Il avait poliment décliné l’offre. Pour se venger de ce qu’il avait considéré comme une avanie, le ministre éconduit aurait mis toutes les batteries en marche pour obtenir le limogeage de son collègue qui refusait de devenir recto verso. Boutamba Mbina fut viré. Sans autre forme de procès.

Alexis Boutamba Mbina ne voulait plus avoir affaire à son collègue pervers

Il était retourné à l’Assemblée nationale en tant que simple député. Mais deux après son limogeage, l’élu du 2è siège de Mougoutsi revient en force au gouvernement. Ironie du sort : celui avait tiré le tapis sur lequel il marchait pour qu’il tombe a été viré. Il l’a remplacé à l’Assemblée nationale. Un chassé-croisé qui enchante Alexis Boutamba Mbina, qui ne voulait plus avoir affaire à ce pervers.

Débarrassé du délinquant sexuel qui voulait qu’il baisse sa culotte, sans respect pour son âge, le député de Mougoutsi peut enfin dormir du sommeil du juste. Le week-end dernier, il a même organisé des réjouissances pour fêter son retour dans la sphère décisionnelle de l’Etat. La fête se serait passée à Okala, le même quartier qu’habite son ancien harceleur.

Le choix porté par ce dernier sur Boutamba Mbina n’était pas fortuit. Il était dans le collimateur de la Justice depuis le déclenchement de l’opération mains propres initiée par les autorités gabonaises. Par le biais de l’acte sexuel avec celui qui avait le portefeuille de Garde des Sceaux, il voulait s’assurer la protection de la Justice.

L’ancien ministre va

faire valoir ses talents de pervers à l’Assemblée 

Mais d’aucuns avaient estimé qu’il s’agissait tout simplement d’un rituel mystico-spirituel destiné à avoir de l’emprise sur d’autres membres du gouvernement. Toute chose qui n’était pas du goût d’Alexis Boutamba Mbina. « Il avait clairement dit qu’il n’adhère pas à ce genre de pratique et que son âge ne le lui permettait pas », a rapporté la source.

Le ministre harceleur est présenté comme un homme aux déviances multiples, en sus de ses fantasmes scatologiques. A l’époque où il dirigeait une administration publique, il s’était illustré par des scandales sexuels avec certains de ses collaborateurs. Pis, son épouse avait failli commettre un crime lorsqu’elle l’a surpris en flagrant délit de pédérastie avec un jeune rappeur célèbre au Gabon.

C’est probablement à l’Assemblée nationale où il a remplacé Alexis Boutamba Mbina qu’il ira faire valoir ses talents de recto verso. Mais rien ne dit que ses penchants de pervers rencontreront l’assentiment des autres députés. Il n’est pas à exclure qu’il essuie d’autres rebuffades destinées à le rappeler que le mortier a été conçu pour s’emboîter avec le pilon.