Les grèves observées dans tous les secteurs d’activité au Gabon dénotent de l’incompétence du gouvernement des putschistes à régler les problèmes posés par les grévistes. Quand ils n’observent pas le silence, les ministres du tyran font des promesses aussitôt rejetées par les contestataires qui exigent plus que des engagements verbaux des responsables.

Jonas MOULENDA

LE gouvernement illégitime d’Ali Bongo, dirigé par le mollasson d’Emmanuel Issoze Ngondet, a déjà démontré son incompétence à régler les problèmes qui se posent dans les différents secteurs d’activité au Gabon, en ébullition depuis le début de la crise post-électorale.

Si le tyran et son Premier ministre fantoche semblent admettre l’existence d’un mécontentement populaire, ils tentent de l’atténuer arguant de l’exploitation des grèves par l’opposition radicale qui conteste toujours l’imposture et la forfaiture du régime. Ils accusent trop facilement les opposants de s’impliquer dans un jeu politicien qui met en péril la stabilité du pays.

A ce jour, tous les services publics sont impactés par tous ces mouvements qui mettent dans la gêne les usagers, notamment ceux des hôpitaux, et de la justice et des affaires étrangères. En tout état de cause, la responsabilité des ministres où la contestation s’est installée est engagée et leur compétence à régler les contentieux est sujette à caution, au regard du pourrissement de la situation dans leurs secteurs respectifs. Le pays est paralysé et risque, les jours à venir, de l’être davantage.

Le gouvernement des putschistes est incapable d’ouvrir un dialogue avec les représentants des contestataires. Nombre de ministres du dictateur donnent l’impression qu’ils ne sont pas au fait de la nature des problématiques de leurs secteurs, ce qui les empêche de prendre leurs responsabilités, de situer les blocages, de les dénoncer publiquement et d’agir pour les régler ou alors démissionner !

REMPLACEMENT. Le premier d’entre eux est, bien sûr, Emmanuel Issoze Ngondet. Son peu d’empressement à faire face à la contestation sociale est décrypté comme le signe que non seulement il n’a pas les mains libres pour éventuellement modifier son équipe ministérielle et notamment les ministres défaillants mais que lui-même n’est pas sûr de rester à son poste. Certains membres de son gouvernement sont intouchables. Il ne peut les faire partir au risque de s’attirer les foudres du distributeur de strapontins qu’est Ali Bongo.

Et si aujourd’hui, Issoze Ngondet, semble moins pressé à prendre une quelconque initiative au plan politique ou social, son attitude a pour effet de tétaniser ses ministres, notamment ceux ciblés par les grévistes qui vivent dans l’anxieuse expectative de savoir ce que leur réserve le remaniement ministériel annoncé depuis le mois dernier et qui se fait toujours attendre.

D’un point de vue purement objectif, tous les ministres vivement critiqués à cause de la gestion des crises qui secouent leurs départements, ou qui n’ont pas atteint les objectifs qui leur ont été assignés, doivent faire, logiquement, l’objet d’un remplacement. Dans la catégorie des ministres dépassés, on trouve : •le ministre de la Justice, Francis Nkéa Ndzigue, qui est dans l’incapacité totale de trouver et de proposer une solution concrète aux problèmes posés par les magistrats en grève qu’il avait qualifiés de corrompus et qui exigent son départ.

Francis Nkéa est poussé vers la porte de sortie.

• Le ministre de l’Economie, Régis Immongault Tatangani est sur la sellette pour son incapacité à relancer l’économie du pays. •le ministre des Affaires étrangères, Noël Nelson M’Essone, incapable de résoudre les problèmes du personnel de son département, en grève générale illimitée depuis la fin de l’année dernière. •le ministre des Travaux publics, Jean-Pierre Oyiba, non pas pour sa gestion calamiteuse du ministère, mais pour son désintérêt des routes gabonaises qui ont atteint un niveau de dégradation sans précédent •

Billye By Nze pourrait aussi prendre la porte au prochain remaniement.

le ministre de la Communication, Alain-Claude Billie By Nze pour sa cleptomanie, ses réformes liberticides et aussi et surtout la régression du Gabon dans le domaine de la liberté de la presse. Son secteur est devenu un grand laboratoire soumis à des expériences inouïes, des voltes faces, le tout dans une mixture de lois et de décisions révisées d’année en année et en fin de compte abandonnées car improductives.

Yves Fernand Manfoumbi est aussi sur une corde raide.

•Le ministre de l’Agriculture, Yves-Fernand Manfoumbi pour son peu d’empressement à encourager et soutenir l’industrie agroalimentaire » en ces temps de crise économique • la ministre du Travail, Carmen Ndaot qui donne l’impression qu’elle est dépassée par l’ampleur de la tâche et par le chômage qui croit de façon exponentielle à travers le pays • le ministre du Pétrole, Pascal Houagni Ambourouet, incapable d’expliquer la vente dolosive du pétrole gabonais et de mettre le holà à la mafia qui règne dans ce domaine.

Carmen Ndaot ne pige rien de la gestion des affaires publiques.

•Le ministre du Budget et des Comptes publics, Jean-Fidèle Otandault, qui continuent à donner une caution morale à la gabegie en débloquant l’argent pour financer des évènements futiles comme les concerts ou les gueuletons entre putschistes •le ministre des Sports et du Tourisme, Mathias Otounga Ossibadjouo qui devra partir dès lors qu’il ne sait pas ce qu’il devrait faire pour redynamiser le secteur • le ministre de la Forêt, de la Mer et de l’Environnement, Pacôme Moubelet Boubeya qui ignore tout de ces trésors dont Dieu a doté le Gabon.

Jean-Fidèle Otandault brille par le gaspillage des fonds publics.

• La ministre de l’Education nationale, Nadine Patricia Anguilet, par la faute de laquelle l’école gabonaise a atteint les abysses ces derniers temps. Et du fait de son entêtement à se mêler des affaires des syndicaits• le ministre des Relations avec les institutions, chargé de la Mise en œuvres des Actes du Dialogue politique, Blaise Louembé, qui brille par son apathie, son incurie et son manque d’initiatives. Le ministre de la Fonction publique, Jean-Marie Ogandaga pour avoir bloqué les recrutements à la Fonction publique et l’avancement des carrières administratives.

MAITRE DES HORLOGES ET DES AGENDAS. Ces ministres, vont-ils partir avant la fin du régime ? Ce qui est sûr c’est qu’ils ne démissionneront pas ! L’apprenti monarque ne le tolérerait pas ! C’est lui, le maître des horloges et des agendas qui décidera de leur sort et du premier d’entre eux, Emmanuel Issoze Ngondet. Pour l’heure, les plus raisonnables parmi les experts, prédisent au pays des années insupportables.

Le discours des pouvoirs publics, renouvelé à chaque fois, faisant part de la volonté de diversifier l’économie nationale pour échapper à la dépendance éternelle aux hydrocarbures a été battu en brèche, la réalité nous a rattrapé : le baril a perdu plus de 50% de sa valeur. Et par ricochet, les réserves de devises du pays ont fondu. Le Gabon, selon les mêmes experts, a besoin d’un baril de plus de 100 dollars pour maintenir ses équilibres budgétaires et préserver sa position financière extérieure, sérieusement fragilisée par la diminution des rentrées du pétrole. Mais celui-ci a été vendu à l’avance par l’oligarchie cleptomane en place.

Il est grand temps, s’il n’est pas encore trop tard, d’activer le chantier d’une nouvelle perspective, de redéfinir une stratégie de développement du pays, de le projeter dans le monde pour y tisser des relations internationales, y faire reconnaître nos atouts potentiels, assumer notre part dans la coopération et le partenariat avec d’autres pays ainsi que battre le rappel des intelligences. Malheureusement, Ali Bongo – qui n’est pas lui-même une loupiote – n’aime pas les lumières. Il n’aime que des incompétents et des béni-oui-oui.