En quête de piliers politiques et de pouvoir spirituel, le directeur de cabinet du tyran et son acolyte ont remis sur selle le plus grand criminel du pays.

Jonas MOULENDA

LES Gabonais retiennent de nouveau leur souffle. Avec la remise sur scelle du serial killer Alfred Edmond Nziengui Madoungou, alias V MAD, ils redoutent la montée en puissance du phénomène des assassinats avec prélèvement d’organes humains, communément appelés crimes rituels.

Brice Fargeon, directeur de cabinet du dictateur Ali Bongo, et son acolyte Patrichi Tanasa, directeur général de Gabon Oil company, ont  repêché le tueur national. Ils l’ont promis au poste de membre du bureau politique du Parti démocratique gabonais  (PDG), au pouvoir, pour le compte du département de l’Ogoulou dont le chef-lieu est Mimongo, dans la province de la Ngounié (sud).

L’assassin analphabète rebondit.

Depuis lors, Nziengui Madoungou, qui rasait les murs après son limogeage en 2017 du poste de conseiller du despote, a repris ses activités politiques et criminelles sur le terrain. Ce personnage sulfureux est l’auteur de près d”un millier de crimes rituels à travers le Gabon.

Après Accrombessi, Brice Fargeon devient le nouveau parrain  des crimes rituels 

Pendant le premier septennat d’Ali Bongo, entre 2009 et 2016, le serial killer était géré par le gourou du despote, Maixant Accrombessi. Ce dernier convaincu Ali Bongo que talismans et poudres de perlimpinpin faits à base d’organes humains ont le pouvoir de forcer le destin en favorisant une longévité politique.

Pour apaiser des tensions à Libreville, par exemple, le dictateur gabonais n’hésite pas de recourir à des fétiches intégrants des organes humains. Au plus fort des soulèvements populaires, ses marabouts survolent parfois la ville à bord d’un hélicoptère de la présidence de la République et y répandent une poudre fabriquée à l’aide des restes humains et d’autres ingrédients.

La remise sur selle de l’assassin national plonge donc le peuple gabonais dans la psychose. Car, il pourrait se révéler le printemps des prédateurs de tout acabit. Il pourrait vite devenir une période de douleurs et de pleurs pour de nombreuses familles gabonaises, d’origine ou d’adoption. Dans tout le pays, les populations vivent dans une psychose permanente depuis le repêchage de Nziengui Madoungou.

Lors du passage de Brice Fargeon, jeudi, à Mouila, le chef-lieu de la province de la Ngounié, la population a été choquée de voir l’assassin aux premières loges. La hantise des voitures aux vitres teintées épiant des enfants isolés à la sortie des cours et du ballet incessant des lampistes à la recherche frénétique de proies est de nouveau présente dans tous les esprits.

Le tueur national dispose déjà d’importants moyens logistiques 

Il se susurre que, pour masquer le rôle macabre que V MAD jouait déjà sous Mexant Accrombessi, Brice Fargeon et Patrichi Tanasa ont préféré ne plus lui donner une fonction officielle à la présidence de la République. Comme son prédécesseur Maiixant Accrombessi, Brice Fargeon pourrait passer des commandes en fonction des enjeux mystico-spirituels du moment. Une fois les desiderata exprimés, Nziengui Madoungou et ses lieutenants pourraient se déployer dans des zones où la capture de proies semble aisée.

Il tue et laisse souvent sa signature sur les corps de ses victimes.

Sur le plan logistique,  le serial killer dispose déjà de moyens roulants. Parmi ses véhicules de missions  l’on dénombre un minibus de couleur bleue sombre, destiné au transport des victimes vers les camps de déportation et de dépeçage. Presque tous les véhicules du patron des crimes rituels au Gabon portent des laissez-passer de la présidence de la République.

Ils ne sont jamais interceptés dans les postes de contrôle érigés sur les différentes routes du Gabon. Toute chose qui permet aux dépeceurs d’hommes de transporter librement les glacières d’organes humains des camps de dépeçage vers Libreville où elles sont ensuite livrées aux féticheurs de Maixant Accrombessi.