Lors d’une émission radiodiffusée sur sa chaîne “Génération Nouvelle,” le président du Cercle de libéraux réformateurs (CLR), a explicitement  menacé de filer une cinglante correction à sa sœur Joséphine Nkama, qui lui manquerait de respect, drapée de son statut de mère du dictateur. 

Jonas MOULENDA 

Rien ne va plus au sein de la famille Dabany. Celle-ci est vraiment au bord de l’implosion. Son patriarche, Jean-Boniface Assélé, president du Cercle des libéraux réformateurs (CLR), un parti de la majorité présidentielle, est à couteau tiré avec sa cadette, Joséphine Nkama, plus connue sous son nom d’artiste Patience Dabany, mère adoptive du dictateur Ali Bongo.

Les tensions latentes entre les deux membres du clan au pouvoir ont été exacerbées par les élections locales jumelées du 6 octobre dernier auxquelles ils étaient tous deux candidats dans le 3ème arrondissement de Libreville, la capitale gabonaise. Selon des témoignages concordants, Joséphine Nkama aurait passé son temps à dénigrer son frère tout au long de la campagne électorale.

Patience Dabany se montre souvent  très insolente envers son grand-frère 

En fait, elle serait coutumière des faits à chaque échéance électorale locale. En 2013, se souvient-on, elle avait agi à la hussarde, faisant irruption chez son aîné pour l’agonir d’injures. “Tu es un pauvre type ! Tu es un vaurien ! Tu n’étais rien. C’est moi qui ai fait de toi ce que tu es devenu. C’est grâce à mes fesses que Bongo t’a donné de hautes fonctions qui t’ont permis d’obtenir tout ce que tu as aujourd’hui, ”  avait-elle vitupéré, sous le regard hagard des passants et des membres de sa sécurité.

Lors de la campagne pour  les élections législatives et locales jumelées de samedi dernier, Patience Dabany aurait derechef brillé par la même insolence à l’égard de son frère aîné. Ce dernier, manifestement remonté, menace de lui filer une bonne correction pour l’amener à respecter le droit d’aînesse, une valeur atavique en Afrique. “Si je la vois, je vais la bastonner !”, a juré Jean-Boniface Assélé  lors d’une interview accordée à sa chaîne de radio “Génération Nouvelle.”

D’après certaines indiscrétions, la goutte d’eau qui aura fait deborder le vase est la position très critique affichée, ces derniers mois, par le président du CLR sur la gestion de son neveu adoptif Ali Bongo. Il y a quelques mois, il a fustigé l’amateurisme de ce dernier, allant jusqu’à se montrer favorable à une insurrection populaire pour le chasser du palais présidentiel qu’il squatte depuis l’élection présidentielle du 16 août 2016, remportée par l’opposant Jean Ping mais tripatouillée par le pouvoir.

Ils se palabrent souvent comme mari et femme 

Au sortir des élections législatives et locales jumelées organisées samedi, Jean-Boniface Assélé a déclaré  ne plus faire partie de la majorité présidentielle pour ne pas cautionner l’imposture et mise à mort du Gabon. “Je ne ferai plus parti de cette majorité. Je dis ce que je pense, ” a-t-il confié aux journalistes, dénonçant une majorité mécanique obtenue grâce à des manœuvres dolosives.

Une position qui n’est pas n’est pas pour plaire à sa sœur Joséphine Nkama. Les relations entre ces deux membres de la famille Dabany n’ont jamais  été un long fleuve tranquille. “Les deux-là se querellent toujours comme mari et femme. Mais ces dernières années, ils vont très loin. Ça vo’e très bas. On a l’impression d’être en face de deux enfants qui se disputent un jouet,  “se désole un militaire commis à la sécurité de la mère adoptive du dictateur gabonais.

La famille Dabany s’effrite donc. Cette situation ne semble pas émouvoir Ali Bongo, loin s’en faut. Le despote essuie non seulement des critiques d’une gouvernance calamiteuse du pays mais aussi celles sur son incapacité à gérer sa famille. Sa mère adoptive et son oncle s’affrontent ouvertement mais il ne daigne pas ramener de l’ordre dans la maison. Bien au contraire, il limiterait pour la crucifixion de Jean-Boniface Assélé du fait de sa truculence. Comme c’est dommage !

Jean-Boniface Assélé se montre prends ses distances avec son neveu adoptif.