Le dictateur gabonais pourrait retoucher profondément son équipe gouvernementale afin de se séparer de certains de ses collaborateurs qui plombent son action et  d’injecter du sang neuf à l’Éxécutif.

Jonas MOULENDA 

UN vent de remaniement ministériel souffle depuis quelques heures à Libreville, la capitale gabonaise. Selon une source proche de la présidence de la République, Ali Bongo aurait décidé de remanier son gouvernement formé le 21 août 2017.

D’après la source, le despote gabonais est résolu à rajeunir son gouvernement à plus de 50%. Ainsi, il aurait décidé de virer presque tous les ministres ayant fait partie des gouvernements formés lors de son premier septennat.

Figure à la tête de la liste des partants, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet. D’autres membres du gouvernements tels qu’Alain-Claude Billy-By-Nze, Pacôme Moubélet-Boubeya, Yves-Fernand Manfoumbi, Régis Immongault et Mathias Otounga Ossibadjouo pourraient être débarqués.

Emmanuel Issoze Ngondet vivrait ses derniers jours à la Primature.

Tout comme le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Francis Nkéa, en rupture de ban avec les magistrats. Il avait traité ces derniers de corrompus. D’où leur décision de lui pourrir la vie par le biais  d’une grève générale illimitée  jusqu’à son limogeage. Ils auraient écrit au président du Conseil supérieur de la magistrature pour demander sa tête.

APATHIE. Ali Bongo, qui attache du prix au retour de la sérénité dans le milieu judiciaire,  aurait finalement accepté de virer son ministre de la Justice, jugé très arrogant, méprisant et irrespectueux envers ses collaborateurs. Le départ de Francis Nkéa du gouvernement pourrait être salué par les magistrats contre lesquels il a donc engagé un bras de fer.

Francis Nkéa pourrait être débarqué.

Le nouveau gouvernement que le dirigeant gabonais compte former pourrait avoir des jeunes cadres recrutés dans l’opposition. L’objectif, a expliqué la source, est d’avoir une équipe gouvernementale renfermant des intelligences issues de différents bords politiques.

L’apathie du gouvernement d’Emmanuel Issoze Ngondet serait à l’origine du remaniement décidé par Ali Bongo.  » Le président n’est pas content de ce gouvernement. C’est un groupe de bras cassés qui passent leur temps à faire des calculs d’enrichissement illcite, » a confié un conseiller politique du dictateur gabonais.

Alain-claude Bille By Nze pourrait aussi prendre la porte.

Pour que certains ministres ne rechignent pas à sortir du gouvernement, la présidence de la République arguerait de leur mise à disponibilité pour les prochaines élections législatives au compte du Parti démocratique gabonais (PDG), au pouvoir. Mais rien ne dit que tous seront investis même s’ils sont membres du bureau politique du PDG.

L’avenir politique de certains d’entre eux, impliqués dans de gros scandales financiers, pourrait se jouer dans une salle de Cour criminelle, les autorités ayant finalement nommé les magistrats devant siéger dans cette juridiction.