Le dictateur qui, seul, détermine les tenants et aboutissants de la politique au Gabon, a beau jeu de laisser les autres protagonistes suivre de loin la cadence semble aujourd’hui engouffré dans de nombreuses chausse-trappes. Malgré l’allégeance dont il bénéfice de la part de toutes les institutions, il n’arrive toujours pas à faire redémarrer le pays.

Jonas MOULENDA 

Après avoir perpétré un hold-up militaro électoral sanglant au soir de l’élection présidentielle du 27 août 2016, Ali Bongo espérait jouir paisiblement du pouvoir ainsi usurpé. Pour amener l’opposition et la société civile à tourner la sombre page de la crise post-électorale, il a usé de manèges et d’autres méthodes déloyales aux desseins inavoués.

Mais trois ans après, le despote ne parvient pas à diriger convenablement le pays. Celui-ci devient peu à ingouvernable, ce qui donne du grain à moudre aux détracteurs de l’imposteur. Ils observent, amusés, toutes les manœuvres du tyran, qui se dépatouille, tel un monstre, à rester au gouvernail, malgré sa santé chancelante.

Ali Bongo est en proie à d’inextricables ennuis de santé.

Un exercice somme toute fastidieux. Car, l’imposteur se trouve aujourd’hui pris dans plusieurs pièges qu’il a lui-même tendus pour tenter de noyauter le peuple et l’opposition qui contestent son imposture.

De fait, Ali Bongo se trouve engouffré dans le piège des concertations individuelles sujettes à caution, piège du simulacre de dialogue dont les décisions ne sont pas dénuées d’arrière-pensées, piège du changement constitutionnel, piège de l’élection présidentielle truquée avec un corps électoral et des instruments de vote bidouillés par la Commission nationale électorale permanente qui n’est indépendante que de nom, piège de la Cour constitutionnelle censée dire le droit, le bon droit, mais, qui n’est qu’un arbitre partisan comme on en voit dans la plupart des Républiques bananières.

ILLUSOIRES SESAMES. Ali Bongo est un partenaire non fiable qui ne mérite aucune confiance au plan politique. Tous ceux qui font la politique avec ou contre lui doivent le savoir bien avant de se risquer de lui faire le moindre crédit, à moins de lui vendre leur âme. Le despote, tentant de reprendre les rênes du pays, en vient à monopoliser toute la structure sous sa férule en jetant aux orties tout ce qui constituait la trame de son projet de société, à savoir la démocratie, liberté de la presse, égalité de traitement dans le jeu politique et l’administration publique, libre accès de l’opposition aux médias publics, le développement, etc.

On savait déjà qu’il n’est pas l’homme de paix que ses thuriféraires vantent. Il est le plus grand commun diviseur du pays. Il se permet en les corrompant de diviser les familles, les partis politiques, les ethnies, etc. Ce piètre élève sorti de l’école politique d’Omar Bongo sait mieux que quiconque qu’on attrape plus facilement une mouche avec du miel qu’avec du fiel. Il a donc entrepris de rencontrer les opposants en exil pendant son séjour parisien à l’occasion de la conférence internationale sur le climat.

Mais son offre n’intéresse que des petits lapins à la recherche de la carotte. Les opposants qui se respectent ont déjà fait savoir qu’ils ne discuteront pas avec un imposteur. « Il n’y a rien à négocier avec Ali Bongo. Les seules discussions qu’on puisse engager sont celles qui vont tourner sur son départ du pouvoir et la passation de pouvoir au président démocratiquement élu, Jean Ping. C’est tout ! », estime un membre de la diaspora gabonaise en France.

La diaspora jure de le traquer partout.

Les Gabonais ont compris que la fameuse paix dont se targue le clan Bongo est un mensonge. En réalité, leur paix à eux signifie soumission à leur volonté ou la paix de la tombe. Les Gabonais ont aussi compris que les fameux chantiers du bâtisseur infatigable dont se targue Ali Bongo sont une escroquerie historique. Ces chantiers ne sont que des voies d’échappement des fonds publics. Tous les projets qu’il a initiés depuis son arrivée accidentelle au pouvoir n’ont permis à son gang que de siphonner les finances publiques, ruinant ainsi le pays.

Le dictateur chancelant a programmé de faire nommer des opposants radicaux en exil dans les instances décisionnelles de l’Etat afin d’affaiblir le mouvement de contestation de son imposture à l’étranger. Mais c’est peine perdue, car les intéressés sont conscients de ces manipulations et de ses entourloupettes. Incapable de diriger le pays dont il a pris les rênes par la force, il ne sait qu’initier d’illusoires sésames qui ne le mèneront nulle part, si ce n’est dans le grand et profond tombeau politique où reposent les dictateurs de son acabit.