Le chef de l’État gabonais, donné pour mort après l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime, le 24 octobre 2018 en Arabie Saoudite, a décidé d’interrompre sa convalescence au Maroc à cause des derniers événements survenus au pays pendant son absence prolongée.

Jonas MOULENDA

IL était prévu qu’il regagne le Gabon à partir du 20 janvier prochain mais Ali Bongo écourte sa convalescence à Rabat, au Maroc. Selon une source proche des services spéciaux de la présidence de la République, le chef de l’État gabonais pourrait regagner Libreville demain dimanche.

D’après la source, il est prévu qu’il préside la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement, attendu au plus tard ce soir, et le Premier conseil des ministres de l’année 2019. De toute évidence, ce sont les derniers événements survenus au pays pendant son absence prolongée qui ont amené le dirigeant gabonais à écourter son séjour de convalescence au Maroc.

La famille d’Ali Bongo rassure qu’il a déjà retrouvé la motricité de tous ses membres.

A en croire une autre source proche de la famille Bongo, il n’est pas exclu que le chef de l’État retourne, de temps à autre, à l’étranger pour faire un check-up afin de parer à toute rechute. «Ces premiers mois, son calendrier de travail sera allégé. Car, ses médecins lui demandent beaucoup de repos pour récupérer », confie la source, précisant qu’Ali Bongo a déjà retrouvé la motricité de tous ses membres.

Le retour d’Ali Bongo mettra fin aux rumeurs sur son supposé  décès et aux appels à la déclaration de vacance du pouvoir

Les dernières modifications constitutionnelles disposent que le gouvernement prête serment devant le président de la République. Le chef de l’État gabonais n’avait donc pas d’autre choix que d’écourter sa convalescence au Maroc pour se soumettre à cette exigence constitutionnelle. Après la prestation de serment lundi, il est prévu qu’Ali Bongo réunisse son nouveau gouvernement en conseil des ministres au palais présidentiel.

Ali Bongo s’est concerté avec son hôte avant de se résoudre à écourter sa convalescence au Maroc.

L’opposition gabonaise dénonçait, ces derniers temps, la gestion du pays depuis le Maroc et l’ingérence du roi du Mohamed VI dans les affaires intérieures du Gabon, allant jusqu’à parler de l’annexion de leur territoire par le royaume chérifien. C’est aussi pour éviter de nouveaux quolibets qu’Ali Bongo a décidé de rentrer au bercail, après concertation avec son hôte et ami de longue date.

Au demeurant, le retour au pays du président gabonais mettra le holà aux appels à la déclaration de la vacance de pouvoir lancés par l’opposition. Celle-ci ne cachait plus son exaspération devant l’absence prolongée d’Ali Bongo. De même, ce retour sonnera le glas des rumeurs les plus folles faisant état de la mort du chef de l’exécutif. Son mutisme après le simulacre de coup d’état organisé par ses sécurocrates a conforté les activistes dans cette idée macabre.