Les Gabonais découvrent chaque jour qui passe que leur dirigeant par défaut reste un monstre froid, nonobstant l’accident  vasculaire cérébral qui l’a affaibli. Endurci dans sa méchanceté gratuite, le despote valétudinaire vient de faire brûler les bourgades  de Ndangui, district situé dans la province de l’Ogooué-Lolo(sud-est). A travers ces incendies criminels, le dictateur veut contraindre les villageois à quitter leurs terres ancestrales, riches en or et en diamant. 

Jonas MOULENDA

APRÈS la malédiction du pétrole,  les Gabonais semblent désormais frappés par celle de l’or et du diamant. Les citoyens qui habitent les terres qui en regorgent sont dans le collimateur du régime prédateur d’Ali Bongo.

Pour contraindre les riverains à déguerpir, le pouvoir a recours à de pires expédients parmi lesquels des incendies criminels.  C’est ce procédé que vient d’utiliser le dictateur sanguinaire Ali Bongo. Le week-end dernier, il a fait brûler par l’armée plusieurs villages de Ndangui, district situé dans le département de Mulundu, dans la province de l’Ogooué-Lolo, dans le du du Gabon.

Ce sont les “Bérets rouges,” une unité de l’armée gabonaise chargée de basses besognes du pouvoir qui a été envoyée quelques jours plus tôt dans la contrée. Aussitôt arrivés,  les militaires ont séquestré les riverains,  sommant ceux-ci  de leur remettre les lingots d’or qu’ils détenaient dans leurs cases.

Les villageois chassés de leurs terres ancestrales.

Plusieurs jours durant, hommes et femmes, vieillards et enfants,  regroupés à un seul endroit ont subi des sévices corporels. Après des traitements dégradants, les militaires ont mis le feu aux principaux villages du district, sans avoir pris le soin d’enlever le drapeau national qui flottait chez les auxiliaires de l’État.

Les villageois ont assisté impuissants à la dégradation de leurs habitations.  Les regards languissants, ils ont vu le fruit leurs efforts de plusieurs années voler en fumée en quelques minutes. Les militaires pyromanes ont menacé d’y faire une expédition punitive si les villageois se mettaient à rebâtir les cases sur leurs terres ancestrales.

MILITAIRES TRANSFORMÉS EN CHIENS DE GARDE DU POUVOIR. La cause de cet acte odieux est la convoitise par le pouvoir en place de l’or et du diamant enfouis dans le sous-sol du terroir. En procédant de la sorte, le pouvoir veut chasser les rivetains de leurs terres ancestrales. Les militaires sous la férule du clan Bongo  ont dit avoir été mandatés par le président de la République. Ils n’ont pas exclu de faire couler du sang si les riverains réchognaient à libérer la zone aurifère et diamantifère tant convoitée par Ali Bongo et sa famille.

L’unité de l’armée chargée de basses besognes du pouvoir.

Les militaires gabonais sont réduits à être des chiens de garde du pouvoir Bongo. Corruption, frasques, opulence, coups tordus, etc. L’institution militaire gabonaise n’a pas bonne presse. Elle est corrodée par toutes les pratiques qui l’empêchent de mener sa réelle mission. Alors qu’elle devait être la garante de la réconciliation nationale après près d’un an de crise, les forces armées gabonaises sont au contraire source de violence et de divisions.

Qu’il est bien loin, le temps où les forces armées gabonaises (FAG) étaient dirigées par des officiers supérieurs de poigne et pétris de patriotisme. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo, les généraux et colonels vigoureux et rompus à la tâche ont été remplacés par des mollassons promus sur la base du népotisme et aux relents mercantiles.

Le dictateur avait pris le soin de se débarrasser d’abord des tous les officiers supérieurs qui pouvaient s’opposer à son premier passage en force en 2009 et au naufrage du pays assuré par lui. Il avait profité de son statut de ministre de la Défense de l’époque pour faire la purge au sein de l’institution militaire.

Mission accomplie. Aujourd’hui, la fine fleur de l’armée gabonaise n’est plus composée que des couilles molles, incapables de prendre des décisions garantissant l’intérêt supérieur de la nation. Il s’agit d’un groupe de béni-oui-oui qui applaudissent même au moindre atchoum du supposé chef suprême qui, pourtant ne tient plus sur ses guibolles.