Au terme de la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement qu’il a présidée, le chef de l’État gabonais, apparu sur une chaise roulante, a regagné Rabat mardi soir pour poursuivre sa rééducation.

Jonas MOULENDA

LE président gabonais, Ali Bongo, a regagné le Maroc mardi soir après avoir présidé la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement à Libreville. Il y était arrivé lundi peu après minuit à bord de son avion de commandement pour faire respecter cette disposition constitutionnelle.

C’est par l’aérogare de la Garde républicaine (GR) que le dirigeant gabonais est passé pour ne pas attirer l’attention des voyageurs et du personnel de l’aéroport international Léon Mba. Ali Bongo a aussitôt rallié le palais présidentiel en compagnie de ses sécurocrates et de ses médecins personnels pour y passer la nuit.

 

Compte tenu des contraintes liées à sa convalescence, la cérémonie de prestation de serment, initialement prévue pour 10h50, a finalement démarré avec deux heures de retard. Le président Ali Bongo est apparu dans la salle d’apparat de la présidence de la République sur une chaise roulante.

Ali Bongo est resté sur une chaise roulante pendant toute la cérémonie

Une image qui a ému ses collaborateurs, qui l’avaient vu partir sur ses deux pieds le 23 octobre 2018, avant qu’il ne soit victime d’un accident vasculaire cérébral le lendemain à Riyad, en Arabie Saoudite. Le regard languissant, le public l’a vu s’avancer vers la chaise qui lui avait été réservée pour la circonstance.

Le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale prêtant serment avant ses collaborateurs.

Ali Bongo, visiblement affaibli, est resté sur le fauteuil assisté tout le temps qu’a duré la cérémonie, près d’une heure d’horloge selon le protocole d’État. Il a, tour à tour, reçu le serment de fidélité et de discrétion du Premier ministre, chef du Gouvernement, Julien Nkoghe Bekale, et des trente-sept membres de son équipe gouvernementale formée samedi dernier.

Après cette exigence constitutionnelle, Ali Bongo a eu des conciliabules avec le vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga-Moussavou, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, le président de l’Assemblée nationale, Faustin Boukoubi et la présidente du Sénat Lucie Milebou, en présence de son directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga.

Concertation dans une ambiance détendue entre Ali Bongo et ses les officiels.

Le conseil des ministres prévu en marge de la cérémonie de prestation de serment a été annulé in extremis. D’après une source proche de la présidence de la République, ses médecins personnels ont jugé qu’il avait déjà déployé assez d’efforts pour cette journée d’activités. Vers 15heures, Ali Bongo et sa suite ont repris l’avion pour regagner le Maroc où il continuera sa convalescence.

La question que d’aucuns se pose est celle de savoir si le président gabonais sera encore apte à assumer ses lourdes charges à la tête de l’État. Dans les rangs de l’opposition, des voix se sont élevées demandant à la Cour constitutionnelle de faire constater la vacance de pouvoir. Pourtant, le pouvoir de Libreville s’emploie à rassurer qu’Ali Bongo retrouvera la motricité de tous ses membres et ses facultés intellectuelles.