Le pédophile présumé, arrêté le 27 décembre dernier à Brazzaville et extradé le lendemain,  est encore gardé à vue à la direction générale des recherches (DGR). Il y est auditionné par ses enquêteurs sur ses divers crimes.

Jonas MOULENDA

Dix jours après son extradition du Congo-Brazzaville où il avait été arrêté par Interpol, Alexis Ndouna n’a toujours pas été déféré devant le procureur de la République.

Selon judiciaire, le pédophile présumé serait toujours gardé à vue à la direction générale des recherches (DGR) à Libreville. D’après la source, l’ancien fugitif est interrogé sur ses multiples crimes.

Outre l’affaire de la petite Wally, 15 ans, qu’il aurait violée à deux reprises, Alexis Ndouna est aussi interrogé par la gendarmerie sur des crimes économiques dans le cadre de l’opération scorpion. 《Il n’est pas poursuivi seulement pour des crimes sexuels. Il est aussi mêlé à un scandale financier》, a expliqué un enquêteur.

D’après notre source, Ndouna est impliqué dans les détournements des fonds orchestrés par Brice Laccruche Alihanga, ex- directeur de cabinet d’Ali Bongo. Les sociétés du présumé pédophile auraient servi de canaux d’échappement des fonds volés par la mafia cleptomane du pouvoir.

Plusieurs milliards de F CFA détournés auraient transité par les comptes des sociétés de Ndouna

A plusieurs reprises, Noël Mboumba, alors directeur général de la Société gabonaise de raffinage (Sogara), aurait viré des milliards dans les comptes des sociétés de Ndouna. « Il virait cet argent sur ordre de Brice Laccruche Alihanga », a confié une source, précisant que le motif des virements était le règlement de certaines factures et diverses  prestations.

Le pédophile présumé à son arrivée à Libreville le 28 décembre dernier.

A la DGR, Alexis Ndouna serait traité avec un luxe de précaution, contrairement aux autres membres de la pègre déjà placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. 《Ndouna bénéficie d’un traitement de faveur.  On le traite avec beaucoup d’égards. Rien à voir avec le traitement qu’ont subi ses amis déjà incarcérés》, a rapporté une source proche de la DGR.

Il se susurre que le dossier de détournement des fonds a pris le dessus sur les crimes sexuels reprochés à Alexis Ndouna. Sa garde à vue aurait été prolongée à plus de deux reprises par le procureur de la République. Manifestement,  c’est plus pour les crimes économiques que les scandales sexuels que le pervers présumé a été rattrapé.

Après avoir appris que Ndouna était de mèche avec Brice Laccruche Alihanga dans des opérations mafieuses, Ali Bongo et son épouse Sylvia auraient mis la pression  sur la justice pour que le fugitif qui vivait maintenant entre Luanda (Angola) et Brazzaville (Congo) soit rattrapé.

De fait, la justice est le dernier paravent auquel il tente de s’accrocher le despote valétudinaire et vacillant. Il s’en sert pour neutraliser tous ceux qui constituent une menace pour son pouvoir usurpé. Le plus embêtant pour ses sicaires, c’est qu’ils ne pourront pas réprimer étouffer toutes les velléités contestataires.

Au demeurant, son régime aux abois entend l’hallali. Ali Bongo craint que les prochaines mobilisations ne soient le début d’une révolution et il sait déjà que toute tentative de la réprimer serait dangereuse et pourrait se retourner contre lui. Les Gabonais ne seront jamais des gibiers de potence. D’ailleurs, le massacre des violences post-électorales ne sera jamais rangé parmi les chiens écrasés.