L’ancien Haut-représentant personnel du dictateur gabonais aurait menacé de dévoiler tous les grands secrets de ce dernier si ses émoluments mirobolants étaient suspendus après son éviction.

Jonas MOULENDA

MAIXANT ACCROMBESSI tient forcément Ali Bongo quelque part. L’ancien Haut-représentant personnel du despote gabonais, a menacé de tout déballer sur la place publique, après son éviction en février dernier. Selon une source proche du service de renseignement du Gabon, le rastaquouère n’aurait pas digéré son limogeage.

Il aurait moult fois tenté de joindre Ali Bongo au téléphone mais il ne tombait que sur ses collaborateurs. D’où son exaspération. « Dites au patron que les choses ne se passeront pas comme ça ! Il ne peut pas se débarrasser de moi de cette façon après tous les risques que j’ai pris pour lui. Je vais dire », aurait-il moufté au téléphone.

Le dictateur gabonais, informé des intentions de celui qui fut son alter ego et son gourou pendant son premier mandat, de 2009 à 2016, aurait vite donné des instructions à ceux qui tiennent les cordons de la bourse pour qu’ils ne coupent pas le salaire de Maixant Accrombessi, fixé à 75  millions de F CFA ( 100  mille euros) depuis 2011.

75 millions de F CFA jetés par la fenêtre !

Les collaborateurs du dictateur ont immédiatement rappelé le rastaquouère béninois pour le rassurer que son salaire serait toujours viré à son compte de BGFI. Cette mesure dite exceptionnelle aura suffi à calmer Maixant Accrombessi. Ce dernier  commençait à balancer des brides d’informations dans les journaux béninois sur la santé de son ami personnel.

La question que d’aucuns se posent au Trésor publique est celle de savoir jusqu’à quand le Gabon va continuer de payer grassement un homme qui ne lui est d’aucune utilité. Accrombessi est présenté comme le cerveau du gang qui a pillé le pendant le premier septennat d’Ali Bongo.

Pourtant, ses proches rétorquent qu’il ne servait que d’écran. Les détournements massifs des fonds publics, avancent-ils, étaient ordonnés par le despote gabonais. « Lorsque Maixant a été arrêté et mis en examen en France, il n’a pas voulu dénoncer le président de la République. La justice française n’attendait que ça pour l’épingler », relève un pro Accrombessi.

Le Béninois aurait, dans son chantage, menacé de fournir des documents compromettants à la justice française au cas où Ali Bongo se débarrassait de lui comme d’un kleenex usé. C’est incontestablement pour éviter d’être éclaboussé que le tyran a donné des instructions au Trésor public pour laisser intact le salaire de son ancien gourou.