L’argent volé par le Général Francis Mbou avait été généré par l’opération d’établissement des cartes de séjour aux étrangers vivant dans les provinces du Woleu-Ntem, de la Ngounié et du Haut-Ogooué.

Jonas MOULENDA

UN grand scandale financier couve à la direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI). Selon une source proche digne de foi, le patron de cette entité rattachée à la présidence de la République, le Général Francis Mbou, aurait mis le grappin sur une somme de plus de 2,5 milliards de F CFA.

D’après la source, l’argent détourné était issu de l’opération de régularisation de la situation des étrangers vivant dans les provinces du Woleu-Ntem (nord), de la Ngounié (sud) et du Haut-Ogooué (sud-est). La fameuse opération avait commencé début janvier et s’est poursuivie jusqu’au 10 février dernier.

L’établissement des cartes de séjour enrichit les mafieux du Cedoc.

A en croire une source proche de la DGDI, le Général Francis Mbou recevait en moyenne 700. 000. 000 de F CFA toutes les deux semaines. Le magot était directement déposé à son domicile, à la grande surprise des agents commis pour cette mission. « D’habitude, l’argent est versé dans les caisses de la DGDI, mais le DG exigeait que les fonds lui soient déposés à domicile », a dénoncé la source.

Outre le détournement de l’argent généré par l’établissement des cartes de séjours, il est reproché au directeur général de la DGDI de parrainer un réseau mafieux qui délivre des passeports à des étrangers au prix de 1 500 000 de F CFA par personne. L’argent ferait le bonheur de Francis Mbou et des membres de sa pègre. « C’est un cercle très restreint qu’il a formé. Il est composé de ses obligés », a confié la source, précisant que les mafiosos se livrent à une véritable course à l’enrichissement.

Des voix s’élèvent demandant que Francis Mbou soit viré du Cedoc 

La DGDI est une véritable mine d’or dotée d’une autonomie financière qui fait pâlir de jalousie d’autres structures administratives du pays. Les directeurs généraux ne rendent compte à personne. Ils gèrent les recettes à leur guise. Ce qui leur laisse la latitude de détourner les fonds à volonté. Chaque cadre promu à la tête de la DGDI devient ex nihilo milliardaire. Il s’agit de la chasse gardée de la province du Haut-Ogooué.

Plusieurs milliards sont détournés chaque année par les patrons de la DGDI.

Le Général Francis Mbou, présenté comme un personnage sulfureux, avait été proposé à ce poste par le ministre de l’Intérieur, Lambert Matha, son ami depuis le lycée. En retour, le patron de la DGDI lui verserait des centaines de millions de F CFA chaque mois.

Dans les couloirs obscurs du Cedoc, des voix s’élèvent, demandant que le général Francis Mbou soit relevé de ses fonctions. Celles-ci exigent, en effet, une probité morale et un comportement rectiligne. Des valeurs rares chez cet officier nourri au biberon de la gabegie. Il semble enivré par les prébendes au point de brader même la nationalité gabonaise aux étrangers à qui il délivre des passeports gabonais.

Rassuré du soutien du sulfureux ministre de l’Intérieur, Mbou n’en ferait qu’à sa tête, narguant même ses collègues qu’il n’associe que rarement dans les missions juteuses, comme celle amorcée le mois dernier dans les provinces du Haut-Ogooué, de la Ngounié et du Woleu-Ntem.