La nouvelle année  qui a commencé mardi à minuit s’annonce politiquement très difficile pour le dictateur. Il risque de faire face au deuxième tour de la colère populaire, à cause des difficultés économiques qui vont crescendo. 

Jonas MOULENDA

LE Gabon aborde désormais un virage à grands risques. Il pourrait basculer dans une insurrection qui balayerait le despote et son clan mafieux qui ont ruiné le pays.

De fait, les Gabonais ne décolèrent pas depuis les violences post-électorales qui ont coûté la vie à plusieurs centaines de civils en 2016.  La misère à laquelle les condamnent la mafia qui a remplacé l’État au pouvoir n’est pas de nature à les laisser inactifs.

Au regard de ce décorum, il est patent que le Gabon connaîtra une année difficile, marquée par un conflit ouvert entre le peuple et et le tyran  qui ne veut pas perdre son bifteck. Après quatre ans d’un deuxième septennat de fausses promesses, l’euphorie a laissé place à la dure réalité. Le Gabon est devenu un des pays les plus pauvres du monde où tout est à revoir.

Ali Bongo et son épouse Sylvia ont ruiné le pays. 

Le règne d’Ali Bongo n’a pas satisfait les attentes de la population depuis son hold-up militaro électoral de 2016. Son le bilan est calamiteux. En 2020, les Gabonais n’espèrent rien de lui. Car, il a brisé de nombreux rêves. Tout ce que ces derniers souhaitent est qu’il dégage avec ses piranhas aux dents aiguisées et qui dévorent tout à leur passage.

Le gouvernement fait du saupoudrage pour payer les salaires des fonctionnaires 

Le chômage des jeunes a dépassé le pic de 35%. Le pays est toujours privé de routes, d’écoles et des hôpitaux. Dans les maternités, de nombreuses parturientes accouchent à même le sol, dans des salles où règne une chaleur étouffante empreinte d’une odeur âcre de salpêtre.

Aujourd’hui, le pays connaît l’une de ses plus graves crises financières, à cause de la gabegie entretenue par le régime d’Ali Bongo. Les bailleurs de font plus confiance au cénacle en place à cause de sa cleptomanie. La hausse  de la production pétrolière ne se fait pas sentir.

La gabégoe annihile les succès constatés en matière de croissance économique ces dernières années. Confronté à la récession, le gouvernement des putschistes opère  des coupes franches dans le nouveau budget, en nette baisse par rapport celui de l’année précédente.

Même l’armée, le seul secteur jusque-là épargné, qui absorbe environ 50% du budget, au détriment des secteurs éducatifs et hospitaliers, est désormais touchée. D’ailleurs, l’oligarchie a déjà commencé à ‘’bouffer’’ les cotisations mensuelles des forces de sécurité et de défense.

La patience du peuple gabonais a atteint les limites 

Le Trésor public retire mensuellement entre 40 et 50 mille F CFA à chaque policier, gendarme et militaire pour l’assurance vie.
Mais cet argent n’est pas reversé à l’assureur qu’est Nsia Gabon. A l’échéance du 27 avril 2015, la somme non reversée s’élevait à 424. 961.994 F CFA. Cette dette aurait doublé à ce jour. L’argent ponctionnée sert à répondre à d’autres besoins.

Le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2016 sera la rue. 

La junte au pouvoir fait du saupoudrage pour éviter un soulèvement populaire qui le balayerait. Mais qu’en serait-il en 2020 lorsque tous les puits d’argent seront asséchés ? La population subit déjà une inflation galopante, notamment celle des prix des denrées alimentaires, faisant craindre une révolte populaire.

En effet, nul n’est fondé à exiger du peuple gabonais qu’il contribue par son attitude digne à préserver la paix civile, pendant que dans le même temps la junte se livre, d’une part impunément à des atteintes à la dignité humaine, à des exactions contre des militants politiques pacifiques et non-violents ; et d’autre part qu’il spolie ce même peuple.