La petite Anne-Marie, 12 ans, a débarqué en France en 2019 pour continuer ses études auprès de la copine de sa mère. Sa cohabitation avec sa tutrice s’est malheureusement transformée en promiscuité, à cause des bagages mystiques maléfiques qu’elle aurait ramenés du pays. Sa tutrice qui n’en pouvait plus l’a mise dans l’avion mardi dernier. Direction : Libreville.

Jonas MOULENDA

C’EST une adolescente visiblement bourrelée de remords qui a quitté l’aéroport Roissy Charles de Gaulle mardi dernier, en milieu de matinée. La petite Anne-Marie est finalement retournée au Gabon. Sa tutrice, Corinne Petit, une Franco-Gabonaise de 47 ans, ne voulait plus la garder. Après l’avoir découverte avec des fétiches malveillants, elle l’a renvoyée chez ses parents au Gabon.

L’adolescente qui vivait depuis deux ans avec la copine de sa mère dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (France), a pris un vol de la compagnie Ethiopian Airlines qui a transité par Addis-Abeba. Elle est arrivée mercredi à la mi-journée à Libreville. Elle a été accueillie à l’aéroport international Léon Mba par sa mère, Madeleine Mboui Abessolo, 49 ans.

C’est à contrecœur que Corrine Petit s’est résolue à la renvoyer au Gabon. Elle a expliqué à Matin d’Afrique qu’elle ne pouvait plus supporter les pratiques fétichistes de la gamine, visiblement initiée par sa famille biologique. En janvier 2019, la mère de la petite Anne-Marie, employée dans un magasin à Libreville, a envoyé sa fille chez Corrine  qu’elle connait depuis trente ans.

Cette année-là, la petite fille qui n’avait que dix ans et était en classe de CM2. Dès son arrivée en France, sa tutrice l’a inscrite dans une école à Bellegarde-sur-Valserine, où elle vivait depuis plusieurs années déjà. L’année suivante, la petite Anne-Marie est passée en 6è. Mais deux ans après son arrivée en France, les relations se sont dégradées entre sa tutrice et elle.

A l’origine de leurs bisbilles, l’appétence de l’adolescente pour les sites de rencontres. « J’ai été surprise de découvrir que la gamine était inscrite sur un site de rencontres appelé ‘’Voisins solitaires’’. J’avais intercepté un coup de fil d’un homme (…) Son école a même envoyé la gendarmerie à la maison pour une enquête », a expliqué Corrine Petit, précisant que la gamine passait aussi son temps à suivre des films pornographiques sur internet.

MALEFICES. Pour tenter d’éloigner la petite fille des prédateurs sexuels qui rôdaient autour d’elle à Bellegarde-sur-Valserine, la quadragénaire a déménagé pour la campagne. Mais la petite Anne-Marie n’aurait pas renoncé à la désinvolture. Comme si cela ne suffisait pas, elle aurait extériorisé des pratiques fétichistes qui lui auraient été enseignées par sa mère avant de partir du Gabon. « Elle brûlait des produits traditionnels dans sa chambre. Elle m’a expliqué que sa mère l’avait envoyée avec une crème fabriquée par un féticheur. Elle disait la frotter pour maximiser ses chances de réussite à l’école. », a confié  Corrine Petit.

D’après nos informations, la petite Anne-Marie mettait des fétiches dans les produits de toilette de sa tutrice pour la couvrir de maléfices. « Les fameux produits étaient sous forme des billes. Elle les mettait discrètement dans ma crème de beauté, dans celle de ma fille et dans une autre que j’avais envoyée à une amie qui apprécie la gamme de produits que j’utilise.  L’enfant a avoué que ses pratiques lui avaient été conseillées par sa mère, qui est mon amie depuis trente ans. »

Corrine Petit a déclaré que les pratiques de sorcellerie faites par l’adolescente ont fini par ruiner le capital de sympathie dont elle jouissait auprès de ses collègues de travail et de ses amies. De même, l’envoûtement supposé aurait provoqué un climat délétère entre la quadragénaire et sa propre fille, venue de l’Afrique du sud après ses études. Cette dernière, a-t-on appris, fut contrainte de claquer la porte de la maison de sa mère à la suite d’une violente dispute pour des prunes.

 Anne-Marie aurait avoué que le climat malsain qui régnait dans la maison de sa tutrice était la résultante des pratiques fétichistes qu’elle faisait en psalmodiant des formules incantatoires. Quand elle s’enfermait dans sa chambre, elle y brûlait des produits traditionnels et une odeur fétide s’en échappait.

Devant la gêne occasionnée, Corrine Petit l’a sommée maintes fois de renoncer à ses pratiques de sorcellerie. Elle a même attiré l’attention de la mère de l’adolescente. Sans succès. Excédée, la tutrice de l’adolescente, qui a dit avoir plongé dans un univers de cauchemars, n’a pas eu d’autre choix que renvoyer la présumée enfant sorcière au Gabon.

C’est la fille de Corrine Petit qui l’a accompagnée mardi à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. A la dernière minute, la gamine qui avait demandé pardon à sa tutrice pour ses pratiques de sorcellerie a paru contrite. Son accompagnatrice a déclaré avoir ressenti de la peine en revoyant la petite fille retourner au pays.

 En Afrique, il n’est pas rare de voir un enfant être accusé d’être à l’origine de morts, de maladies, d’un divorce, du chômage d’un parent. C’est le phénomène appelé « L’enfant sorcier. » L’enfant est souvent chassé du domicile familial. Ce phénomène sévit particulièrement en République démocratique du Congo (RDC).