Depuis cinq jours, elles sont en zone d’attente pour personne en instance (zapi) pour n’avoir pas respecté la procédure d’entrée en territoire français.

Jonas MOULENDA

LE voyage pour la France devient une course d’obstacles pour les Gabonais. Ils sont de plus en plus nombreux à être retenus à leur arrivée à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle de Paris pour défaut de procédure d’entrée sur le territoire français.

Depuis vendredi et samedi derniers, six Gabonaises sont placées en zone d’attente pour personne en instance (zapi). La police de l’air et des frontières (PAF) a décelé plusieurs manquements dans leurs formalités de voyage.

Une des six femmes retenues, par exemple, a obtenu un Visa d’une durée d’un mois, mais elle n’a qu’une assurance voyage de quatre jours. Pis, elle n’a d’argent ni sur elle ni dans son compte bancaire. Il en est de même pour ses compatriotes également gardées à la zapi.

Elles n’ont pu démontrer à la PAF  qu’elles peuvent disposer de 120 euros par jour pour se nourrir et se loger durant leur séjour en France. D’après une source policière, il est reproché des faits graves à l’une des voyageuses. Elle a falsifié la réservation d’hôtel. Lors de la vérification de ses documents, la police s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un hôtel fictif.

Les six Gabonaises pourraient être refoulées vers Libreville 

Devant les manquements et incohérences constatés, la police française a donc placé les six Gabonaises à la zapi, située dans l’annexe du Tribunal de Grande instance de Bobigny. Une autre Gabonaise de 30 ans, retenue dimanche matin  pour défaut de réservation d’hôtel et d’argent dans son compte bancaire, a recouvré la liberté mercredi soir, à l’issu d’une décision rendue par un juge.

C’est ici que sont logés et jugés les étrangers retenus à Roissy.

En fait, ses proches se sont mobilisés pour fournir des liquidités et une réservation d’hôtel. Les six autres femmes qui se dépatouillent pour se tirer d’affaire seront fixées sur leur sort à l’issue d’un jugement attendu dans les prochaines heures. Elles retiennent le souffle dans leur mini-prison.

A l’annexe du Tribunal de Grande instance de Bobigny, le juge est bien seul pour rendre ses décisions dans les deux salles d’audience de bois clair, insonorisées contre le vrombissement des avions.

La police de l’air et des frontières refoulent de plus en plus de personnes à l’aéroport Charles de Gaulle. Après avoir constaté une faille, des agents prennent le voyageur concerné et l’enferment ensuite dans une salle digne d’une porcherie à désinfecter. C’est dans cette salle que les voyageurs restent plusieurs heures coupés du monde, avant d’être transférés à la zapi.

La France filtre de plus en plus l’entrée des étrangers sur son territoire 

Chaque jour, la police française éconduit des voyageurs en provenance de différents pays du monde entier. Demandeurs d’asile, détenteurs de faux-papiers ou sans l’un des justificatifs requis pour l’entrée en France (visa, réservation d’hôtel ou attestation d’accueil, assurance, billet retour), les voyageurs peuvent y être maintenus jusqu’à 20 jours à partir de la notification de refus d’entrée sur le territoire français délivrée par la Police aux frontières (PAF). Le temps d’assurer l’efficacité des décisions de refus d’entrée.

La PAF se montre de plus en plus rigoureuse.(Photo: DR)

L’objectif du maintien est le renvoi vers le pays de provenance ou d’origine. Certaines personnes sont reconduites une demi-heure après leur descente d’avion, les agents de la PAF n’informant pas toujours les personnes de l’intégralité de leurs droits.

Outre l’intransigeance de la police française de l’air et des frontières, cet incident pose le problème de délivrance des visas par le consulat de France à Libreville. Plusieurs personnes rencontrées par notre rédaction dénoncent ce qu’elles qualifient de manœuvres déloyales au sein du service concerné et certains dysfonctionnements.