Décidément, le mensonge semble la première langue vivante des dirigeants africains. Le chef de l’État ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, ne déroge pas à la règle. Lors d’une interview accordée, la semaine dernière, à Radio France Internationale (RFI), il  a déclaré n’avoir  jamais rencontré l’ancien procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo. Pourtant, il lui a déjà serré la paluche.

Jonas MOULENDA

A l’heure de nouvelles technologies de l’information et de la communication, le mensonge peut se révéler un exercice risqué,  même si ceux qui s’y livrent ont une certaine habileté. Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, vient de l’apprendre à ses dépens.

Après avoir déclaré, la semaine dernière à RFI qu’il n’a jamais rencontré l’ancien procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, ses pourfendeurs intéressés ont vite fait de balancer, sur les réseaux sociaux,  une photo le montrant serrant la main à l’ancienne autorité judiciaire de la juridiction internationale. Une manière pour eux de démontrer que le dirigeant ivoirien est un fieffé menteur.

Le président ivoirien. Un partenaire non fiable.

Effectivement, la mythomanie et l’illusionnisme sont un mode de fonctionnement permanent chez l’ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Pas un seul sujet n’échappe à la pratique systématique du double langage. De son état civil aux  scandales à répétition qui frappent son entourage et lui, sans oublier l’instrumentalisation de la justice contre son adversaire, Laurent Gbagbo, ex-président de la Côte d’Ivoire.

Alassane Dramane Ouattara ment avec aplomb 

Alassane Dramane Ouattara, estiment d’aucuns, a le mensonge en première langue vivante. Ce n’est ni une facétie, pas plus qu’une erreur, c’est une première langue maternée, celle qui a été inculquée à ce Burkinabè dès son jeune âge, de sorte qu’elle devient dans sa bouche, une vérité fondamentale. ll joue avec les mots et manipule les raisonnements pour tenter de convaincre ses interlocuteurs de son contrôle du pays.

La maitrise de la parole, contraire à la vérité, prime aujourd’hui sur la perception de la réalité sur le terrain. ADO a entrainé l’absence de raisonnement de ses concitoyens dans la spirale de sa langue de vipère, pour persuader qu’il est un honnête dirigeant. “La vie de M.Ouattara n’est d’ambiguité. Il n’a jamais été clair (…) Il a menti qu’il n’a jamais rencontré l’ancien procureur de la CPI. Or  nous avons la preuve contraire,” se désole un opposant ivoirien en exil en France.

C’est Laurent Gbagbo que l’actuel président ivoirien a toujours tenu responsable du massacre des civils pendant la crise.

Pour les massacres des civils perpétrés au plus fort de la crise ivoirienne qui a fait 3 000 morts, entre 2002 et 2007 et Ouattara a toujours jeté l’anathème sur son challenger Laurent Gbagbo. Pourtant, ses chevaliers de la mort ont participé à ces crimes contre l’humanité Hypocrite. Mythomane pathologique, paternaliste, le président ivoirien ignore ce qu’est la honte, car ils n’a jamais honte, même de ses pires actions.

Il veut s’éterniser au pouvoir, comme ses homologues africains 

Comment expliquer la faiblesse mentale de certains citoyens pour continuer à le croire ? Pourtant, l’ancien Premier ministre de Félix Houphouët Boigny ment avec aplomb. La vérité lui est parfaitement étrangère, mais sous prétexte d’aplomb, il parvient à entrainer encore une foule ignare vers les urnes en lui faisant croire que voter changera quelque chose à sa vie.

Alassane Dramane Ouattara, conclut-on, est un partenaire non fiable qui ne mérite aucune confiance au plan politique. Tous ceux qui font la politique avec ou contre lui doivent le savoir bien avant de se risquer de lui faire le moindre crédit, à moins de lui vendre leur âme. Dans sa volonté de s’éterniser au pouvoir, comme ses homologues africains, ADO en vient à monopoliser toute la structure sous sa férule en jetant aux orties tout ce qui constituait la trame de son projet de société.