Jusqu’à la dernière minute, l’ex-chef du gouvernement gabonais a cru dur comme fer qu’il serait reconduit dans ses fonctions. La présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo et le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Yves Teale et d’autres collaborateurs du président gabonais l’ont rassuré qu’il resterait à son poste. Pourtant, la surprise a été désagréable.

Jonas MOULENDA

EMMANUEL ISSOZE NGONDET était si confiant qu’il avait rempli ses congélateurs de bistoufailles pour fêter son maintien à la Primature qui lui avaient promis par la gardienne du temple, Marie Madeleine Mborantsuo et des collaborateurs du président de la République, parmi lesquels le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Yves Teale.

Dans un espoir béat, l’ex-chef du gouvernement a fait mettre aux fais des dizaines de bouteilles de champagne à sabler après sa reconduction espérée. Mais c’était sans compter avec la fourberie de la camarilla d’Ali Bongo, qui lui a taillé les croupières. Les tenants du pouvoir avaient déjà accordé leur violons sur la nomination d’un nouveau Premier ministre : Julien Nkoghe Bekale.

D’après nos informations, ils ont monté le bourrichon à Issoze Ngondet jusqu’à la dernière minute. Dans son cynisme, le secrétaire général de la présidence de la République a demandé au Premier ministre sortant de rallier Rabat pour procéder à l’enregistrement de la vidéo de composition du nouveau gouvernement de la République.

C’est au moment où il s’apprêtait à rallier le Maroc que son directeur de cabinet lui a appris par téléphone qu’il était viré

Le locataire de la Primature, confiant, a dépêché ses collaborateurs à l’aéroport international Léon Mba de Libreville pour remplir les formalités du voyage. Vendredi en début de soirée, alors qu’il apprêtait ses documents avant de se rendre à  l’aéroport, Issoze Ngondet aurait reçu de son directeur de cabinet un appel digne d’un coup de boutoir. « Patron, vous n’êtes plus Premier ministre. Vous avez été enlevé et remplacé par Julien Nkoghe Bekale », lui aurait dit son collaborateur.

Le SG de la présidence, Jean-Yves Teale,  à laissé Issoze Ngondet se préparer à aller au Maroc, alors qu’il savait que ce dernier était viré.

L’ex-chef du gouvernement n’a pas d’abord cru à ses oreilles. « Comment ça ? Pourquoi ne m’a-t-on pas prévenu ? J’étais sur le point de venir déjà à l’aéroport », aurait rétorqué, abasourdi, l’ex-locataire de la Primature. En mettant la télévision en marche, il s’est rendu compte que son directeur de cabinet n’était pas en train de plaisanter. Le secrétaire général de la présidence de la République lisait le fameux décret depuis l’ambassade du Gabon au Maroc.

Emmanuel Issoze Ngondet aurait subito eu des céphalées et le moral en berne. Les tenants du pouvoir ont rompu, sans préavis, son contrat de bail à la Primature. Il ne lui restait plus qu’une chose : commencer à faire ses effets pour libérer les lieux au nouveau locataire.

Le traitement réservé l’ancien Premier ministre gabonais a fait jaser de nombteuses personnes dans les salons feutrés de Libreville. D’aucuns ont crié à un manque de considération pour sa personne. Cette humiliation, ni le maroquin qui lui a été confié par la suite, ni les messages de réconfort, rien ne pourra l’effacer de sa mémoire.