Si l’explorateur portugais Fernand de Magellan vivait encore, il pâlirait de jalousie devant les prouesses d’explorateur du monde réalisées par le despote gabonais. Celui-ci parcourt régulièrement la planète, à la recherche d’on ne sait quoi. Samedi dernier, le globe-trotter s’est envolé pour Abus Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, faisant ainsi son centième voyage dans le monde en trois ans.

Jonas MOULENDA 

DÉCIDÉMENT, Ali Bongo n’a pas l’intention de mettre fin à ses folies dispendieuses, qui ont considérablement ruiné le pays. Samedi dernier, le despote s’est discrètement envolé pour Abu Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, à bord du Boeing 737-700 immatriculé P4-BBJ de la présidence de la République.

Selon une source proche du protocole d’Etat, le tyran s’y serait rendu avec un cercle fermé de collaborateurs pour y assister à la finale de la formule 1 et s’accorder un moment de détente. D’après la source, ce déplacement n’a pas été annoncé par les médias d’Etat pour ne pas susciter des critiques acerbes de la part de l’opposition et de la société civile, déjà agacées par le train de vie dispendieux du tyran.

Les voyages à l’étranger constituent le passe-temps favori de ce dernier. A en croire un agent de l’agence de la sécurité et de navigation aérienne (Asecna), le déplacement d’Ali Bongo aux Emirats arabes unis est son 100è voyage dans le monde depuis avril 2015. « Pour échapper aux critiques de l’opinion, il part discrètement. Quand il revient, il ne passe pas par le salon d’honneur. Il emprunte le parking de la garde républicaine », explique la source, précisant que le dictateur change désormais d’avion pour échapper aux critiques des activistes qui suivent régulièrement ses mouvements.

Ce qu’il ignore, c’est que ces derniers en sont suffisamment renseignés. Pour savoir que c’est le dirigeant gabonais qui se déplace à bord d’un avion, ils cherchent le cherche l’indication « Gabon 01 » sur les données de navigation aérienne. C’est d’ailleurs ce qui a permis de découvrir que le Boeing 737-700, qui a traversé le Soudan du Sud, le Soudan et l’Arabie Saoudite transportait Ali Bongo en partance pour les Abu Dhabi.

GRAND GACHIS FINANCIER. D’après nos informations, les distances parcourues par Ali Bongo depuis 2015 sont de l’ordre de 619.927 kilomètres, soit 15 fois le tour de la terre. A en juger par la distance parcourue, le despote gabonais aura été sans nul doute le dirigeant d’Afrique centrale qui a le plus voyagé à travers la planète. Là où le bât blesse c’est que ces voyages ont coûté plus qu’ils n’en ont rapporté dans les caisses de l’Etat. Le dictateur prétend que c’est pour rencontrer les investisseurs qu’il voyage régulièrement dans le monde entier.

Or, la plupart de ses voyages n’ont aucun caractère officiel. Le déplacement qu’il a entrepris samedi aux Emirats arabes unis, par exemple, n’est qu’un voyage d’apparat et de ‘’groove.’’ D’après un de ses conseillers, il s’y est rendu pour assister à la finale de la dernière course de la saison 2017 de Formule 1, disputée sur le circuit de Yas Marina et remportée par le Finlandais Valtteri Bottas partira (Mercedes). Aucun Gabonais n’était engagé dans cette compétition pour justifier la présente d’Ali Bongo en guise de soutien.

Les multiples voyages d’Ali Bongo dans le monde ont considérablement ruiné l’Etat. Car, en sus du kérosène pour ses avions, le despote se déplace souvent avec une pléthore de collaborateurs, souvent logés dans des hôtels huppés et coûteux. Même dans les pays où Ali Bongo dispose d’appartements chèrement acquis avec l’argent du contribuable, il loge souvent dans des hôtels de luxe. C’est ce qui s’est passé lors de son dernier séjour aux Etats-Unis, à l’occasion de la 72è assemblée générale de l’Onu. Le tyran a choisi un hôtel qui coûtait pas moins de 22 millions de F CFA la nuitée.

Les voyages d’Ali Bongo causent une véritable saignée financière sur le budget de l’Etat, à commencer par l’achat du fameux Airbus Airbus A320-200 à 65 milliards chez Airbus et un Gulfstreams 650 à 30 milliards de F CFA chez un constructeur américain. En somme, si certains voyages sont justifiés et ont contribué à faire entendre la voix du Gabon à travers le monde, d’autres ont tout simplement été un grand gâchis financier.