Depuis 2011, l’épouse du chef de l’État gabonais s’est installée à Londres, en Angleterre, où son mari a acquis, un an plus tôt, une luxueuse demeure à plus de 65 milliards de FCFA. La première dame du Gabon n’y retourne que pour assister aux cérémonies officielles. Aux frais du contribuable. Un éloignement qui obère non seulement les charges de l’État mais impacte négativement sur la vie de son époux.

Jonas MOULENDA

Elle est première dame du Gabon mais a pour résidence Londres, la capitale d’Angleterre. C’est pour la première fois dans l’histoire du pays que l’épouse d’un président de la République vit à cent lieues de son mari. Cette situation ne semble pas gêner Sylvia Bongo, nonobstant les critiques acerbes de sa belle-famille et de nombreux Gabonais.

Le 3 Juillet 2016, Joséphine Nkama, la mère adoptive d’Ali Bongo, avait d’ailleurs craqué avec sa bru qui l’empêchait de parler à son fils au téléphone et lui reprochait de le déranger. « Tu dis que je dérange ton mari. Depuis quand tu l’as défendu ? Tu le fais en étant assise au palais présidentiel, à la Sablière ou à Londres ? », avait rétorqué la mère d’Ali Bongo, visiblement exaspérée.
Sylvia Bongo, une poupée décorative qui coûte cher au Gabon

Si Ali Bongo survit à l’accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime, le 24 octobre dernier, à Riyad, la capitale saoudienne où il s’était rendu pour assister à une conférence économique, le dictateur gabonais devra sérieusement sur le problème de son épouse Sylvia, installée à la demeure Mayfair, vendue au despote par l’ancien magnat de l’immobilier, l’Irlandais Derek Quinlan.

Une première dame fantomatique qui n’apparaît qu’aux cérémonies fastes 

L’absence de Sylvia à ses côtés ne l’aide pas du tout à rester en bonne santé. En l’absence d’une femme attentionnée au foyer conjugal, le chef de l’État gabonais ferait preuve d’incurie dans le respect les prescriptions médicales liées au traitement du diabète et de l’hypertension artérielle dont il souffre depuis plusieurs années.

Tout a l’air de “Je t’aime, moi non plus”

Selon une source proche de la famille Bongo, c’est un valétudinaire esseulé qui lutte souvent contre le diabète et l’hypertension. « Il est négligent. Il ne prend pas ses médicaments comme il se doit. Si la femme était à ses côtés, c’est elle qui lui rappellerait la nécessité de les prendre à temps.

Malheureusement, elle a préféré la belle vie à Londres », se désole une proche d’Ali Bongo.
Outre le non-respect des prescriptions médicales, le dirigeant gabonais ferait aussi preuve d’une négligence effarante dans son comportement alimentaire. « Quand on souffre du diabète, on doit avoir une alimentation très rigoureuse. Pour son cas, c’est sa femme qui devrait veiller au grain. Sa femme n’étant pas là, ce sont ses aide-camp qui essaient de lui rappeler la prise des médicaments », renchérit une source proche de la Garde républicaine (GR).

Comme un vulgaire célibataire, Ali Bongo ferait souvent preuve de désinvolture dans son comportement alimentaire. D’après un de ses conseillers, il n’est pas rare de voir le chef de l’État gabonais envoyer ses domestiques lui acheter des grillades, communément appelées « coupés-coupés » ou « soyas », qu’il déguste ensuite avec certains membres de son entourage. « Il fait souvent la commande des coupés-coupés pour 30 ou 50 mille FCFA ? », rapporte un fidèle de Joséphine Nkama, la mère d’Ali Bongo.

Sylvia Bongo, une poupée décorative qui coûte cher au Gabon

C’est seulement après l’accident vasculaire cérébral dont a été victime Ali Bongo à Riyad qu’on a vu son épouse se précipiter nuitamment au chevet de son mari à l’hôpital du roi Fayçal et demander son transfert vers Londres. Ce jour-là, elle aurait l’outrecuidance de vitupérer les médecins personnels de son époux, les accusant de négligence. Or, déplore-t-on, elle ne semble pas préoccupée par la santé chancelante de son mari, elle qui préfère l’Angleterre au Gabon, sa vache laitière.

Sylvia Bongo est plus disposée à effectuer les voyages d’apparat qu’à veiller sur son mari valétudinaire.

La première personne qui devrait veiller à la bonne santé d’Ali Bongo est d’abord son épouse. C’est d’ailleurs ce que faisait Edith-Lucie Bongo avec son président de mari Omar Bongo. Tout comme Jacqueline Rawiri. Ces deux femmes – que Dieu ait leur âme – avaient joué un rôle vital auprès de leurs maris respectifs. Quoiqu’étrangères, elles n’ont jamais eu l’idée cafardeuse et puérile d’aller vivre hors du Gabon.

Sylvia Bongo est perçue par les Gabonais comme une poupée décorative dont l’entretien coûte cher au contribuable gabonais. Depuis sa résidence londonienne, elle solliciterait régulièrement le transfert des fonds estimés à plusieurs milliards de F CFA. Les collaborateurs d’Ali Bongo, qui tiennent les cordons de la bourse, s’empressent toujours de céder à ces objurgations de femme mercantile.

Selon une source proche de la comptabilité publique, Sylvia Bongo serait payée à chacun de ses séjours au Gabon pour assister à certaines cérémonies officielles aux côtés de son époux. Or, elle reçoit déjà un salaire de 120 millions de FCFA par mois en tant que première dame du Gabon. « Elle n’est là que pour son argent. Elle n’aime ni son mari ni le peuple gabonais. Elle fait partie du gang qui pille notre pays », déduit un responsable du Trésor public.